La Nuit

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samedi 24 août

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Roman - Thriller

La Nuit

Anticipation - Complot MAJ mardi 27 août 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,9 €

Frédéric Jaccaud
Paris : Gallimard, mars 2013
450 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-07-013985-9
Coll. "Série noire"

Dernière station avant la fin du monde

On l'a plus d'une fois remarqué, les frontières entre "genres" ou absences d'iceux se font de plus en plus poreuses. Doit-on classer - si tant est que l'on doive classer - La Nuit, le roman de Frédéric Jaccaud, dans le noir, la blanche ou l'anticipation ? Ce qu'il nous décrit est une sorte de fin du monde silencieuse, progressive, comme un contrepoint au séminal Zippo, circonscrite à un microcosme ressemblant à la découpe d'une fourmilière humaine. Quelle est cette ville de Tromso ? Où est-elle ? Peu importe, car les comportements des humains qui la composent sont tous les mêmes. On y croise des ratés magnifiques, des militants de la cause animale, des policiers, un hacker apocalyptique, d'autres policiers et un duo d'improbables tueurs. Tous s'agitent comme sous un microscope braqué sur cette tranche de terre où l'on crève d'attendre cette putain d'apocalypse que tout le monde sent, mais qui ne se décide toujours pas à éclater, sinon dans les cerveaux surchauffés. En plus du Zippo précité, on pense aussi au très beau film It's All About Love de Winterbottom et à sa fin du monde feutrée. Le tout servi par une langue très travaillée, disséquant les êtres avec une précision d'entomologiste, ponctuée de digressions et de considérations philosophiques (parfois, il faut le dire, aux limites de la redondance) qui évitent soigneusement l'écueil du pontifiant. Alors ? Roman noir ou littérature dite générale (qui, comme les soi-disantes "variétés" fort peu variées, devient de moins en moins "générale") ? À chacun de se faire un avis sur ce roman certes imparfait, mais qui, au moins, fournit une alternative à la drouille industrielle. Il ne finira pas en "Coups de cœur des libraires" ni même en tête de gondole, mais cela vaut le coup de faire un effort et de le lire...

Citation

Le maigre ne put s'empêcher de penser au désœuvrement de la population ; à son absence de désir. Ni machine molle ni animal désirant, l'homme du peuple vivait comme une amibe ; contraint par le code interne à survivre et se reproduire.

Rédacteur: Thomas Bauduret mardi 27 août 2013
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