Cognac Blues

Au service action, la règle veut que l'on ne tue qu'une fois. Nous ne voulons pas d'assassins professionnels dans nos rangs. Nous ne voulons pas que quiconque y prenne goût.
Vincent Crouzet - Retex
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Dégradation
Le titre français de ce roman de Benjamin Myers évoque l'idée d'un univers qui va vers sa dispari...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 19 septembre

Contenu

Roman - Noir

Cognac Blues

Économique - Tueur à gages - Finance MAJ jeudi 22 août 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18,5 €

David Patsouris
Rodez : Le Rouergue, mars 2013
204 p. ; 21 x 15 cm
ISBN 978-2-8126-0467-6
Coll. "Noir"

Le blues du tueur à gage

Lorsque l'on évoque la mondialisation et les profits démesurés capitalistes de certains, on pense toujours en terme de d'industrie de pointe, de super technologies, quand on occulte le système bancaire et financier. Pourtant, il existe des niches où la richesse peut se développer. C'est le cas, selon David Patsouris, de la vinification du cognac. Produit d'exportation, soumis aux lois du capitalisme de la concentration entre les mains des négociants au détriment des producteurs, le cognac est dans un univers clos où tous se connaissent, et est l'objet de spéculations intenses, de prédations sauvages.
Pour huiler leur machine, les riches connaissent un double système : d'une part transformer la colère contre les nantis en colère contre le système et ce n'est pas un hasard si ce roman se déroule pendant une période de violentes manifestations où les capitalistes ont réussi à détourner l'attention des producteurs sur l'État coupable et donneur de subventions plutôt que sur leurs propres magouilles. D'autre part supprimer la contestation intérieure en achetant les volontés ou en les détruisant. Ça, c'est le travail de Charly, qui est chargé d'assassiner un syndicaliste têtu.
Le récit est raconté à la première personne par Charly. Un Charly qui découvre l'amour en la personne de la très attirante et mystérieuse vendeuse, Gail, et qui décide de changer de branche. Les déconvenues, les difficultés qu'il rencontre pour quitter le monde professionnel très particulier et le travail spécialisé qu'il occupe, les tentatives de le tuer pour le réduire au silence, sa fuite et sa riposte constituent l'ossature du roman. Sa teinte bluesy - qui n'est pas seulement une fioriture du titre mais l'osmose entre le style heurté et lent du texte - convient parfaitement à la description de ce qui s'y passe.
Mais surtout David Patsouris apporte à son roman un élément particulier car il transforme l'intrigue. Dans le roman policier classique et même dans le néo-polar, ce qui aurait été au centre de l'histoire c'est le changement psychologique du personnage pour devenir un héros positif luttant contre le système qu'il a contribué à promouvoir. Ici, Charly reste aussi cynique après qu'avant. Il veut simplement arrêter pour des motifs strictement personnels. Il est individualiste, égocentrique et attentif à ses pulsions. C'est un héros de notre temps vivant du système. C'est la combinaison entre ce caractère et le rendu musical de l'intrigue qui font le charme de ce roman.

Citation

Ce putain de monde est une putain de souricière destinée à remplir leurs putains compte en banque .

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 16 août 2013
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page