Abbesses

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jeudi 16 août

Contenu

Roman - Policier

Abbesses

Historique - Ésotérique - Complot MAJ jeudi 08 août 2013

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,5 €

Hélène Clerc-Murgier
Paris : Jacqueline Chambon, juin 2013
368 p. ; 20 x 13 cm
ISBN 978-2-330-02009-5
Coll. "Roman policier"

Dans le secret de Montmartre

Les couvents, monastères et autres lieux clos, par l'aura de mystère qui les entourait, ont suscité hypothèses, suppositions hasardeuses, légendes, voire sources de bacchanales. Hélène Clerc-Murgier inscrit son premier roman dans ce contexte en imaginant une intrigue joliment troussée dans un Paris qu'elle met en scène avec une remarquable érudition.

Au Grand Châtelet, Jacques Chevassut, un lieutenant criminel du prévôt de Paris, assisté de Pierre Boivin, son premier conseiller, jugent une étrange affaire de meurtre. Un homme hagard, ensanglanté, avec une bourse pleine d'or dans la main, a été retrouvé près du cadavre atrocement mutilé d'un tapissier, valet ordinaire du roi. Malgré le traitement carcéral, il ne dit rien, ne semble pas comprendre sa situation. Au procès, épuisé, il ne retrouve de la vigueur que pour refuser la question. Condamné à mort, il sollicite un entretien privé avec Chevassut, lui débite d'une voix claire une sorte d'énigme et retombe en apathie. Le lieu décrit, l'abbaye des Bénédictines sur la colline de Montmartre, sort de la juridiction du Grand Châtelet.
Si Jacques ne prête guère d'attention à ce qu'il considère comme des fadaises, Pierre est intéressé et propose d'enquêter.
De nouveaux cadavres, portant les mêmes blessures que le tapissier, sont découverts. Pierre reste discret sur l'avancée de ses recherches. Un matin, il arrive blessé. Il a été agressé, dit-il. Son bureau est cambriolé. Et Pierre disparaît, comme Louise, son épouse et leur fils. Jacques Chevassut, atterré, veut absolument retrouver son ami, mais, il n'a aucune piste... sauf l'abbaye de Montmartre.

L'action, qui se déroule en 1622, trouve ses racines dans des événements historiques bien antérieurs. L'auteure construit une intrigue qui fait intervenir des données authentiques de l'Histoire de France, des faits relevant des sciences occultes, en particulier, relatifs à ces recherches qui ont tant occupé les fervents d'ésotérisme, et la juridiction de l'époque, avec ses particularités. Hélène Clerc-Murgier introduit également des sentiments qui mènent l'humanité depuis l'aube des temps comme l'attrait de la richesse et la recherche de l'être aimé. Elle pimente le tout avec les freins sociaux qui rendaient les amours impossibles, des réflexions pertinentes, voire impertinentes.

Elle met en scène les rose-croix, ces adeptes de l'ordre fondé à partir de la quête mystique de Christian Rosenkreutz. Elle corse son intrigue avec la multiplication d'éléments alchimiques en vogue, faisant intervenir les écrits de Nicolas Flamel, Hermès Trismégiste... Elle imagine, pour son héros, une suite d'énigmes à partir d'acronymes, d'acrostiches, d'anagrammes, mêlant le dieu Mercure, dont un temple avait été érigé à Montmartre, les chiffres symboliques, le nombre d'or...

Elle décrit un Paris du début du XVIIe siècle, enfermé dans la muraille érigée par Philippe Auguste, sans fard, ni fausse poésie, rapportant avec réalisme la situation. Elle fait mieux comprendre, par sa description du Gibet de Montfaucon, les vers de François Villon.

Musicienne, elle introduit cet art avec à-propos, développe des données fort intéressantes sur les instruments en vigueur.

Il découle de cet assemblage d'éléments divers un roman passionnant, érudit, à l'intrigue brillamment menée jusqu'à une conclusion dans l'esprit du roman, prenant en compte la réalité de la vie quotidienne où nombre d'événements trouvent des solutions tout en laissant des lacunes, des conjectures, des interrogations qui restent sans réponse pour toujours.

Citation

C'était la première fois qu'il voyait la capitale dans son ensemble. Lui qui n'avait connu que le grouillement de la ville, son agitation permanente, à peine interrompue par le silence de la nuit, ses odeurs de sang et de boue, les émanations infectes des déjections mêlées à celles des cadavres qui pourrissaient à la morgue du Grand Châtelet, à Montfaucon ou au cimetière des Innocents...

Rédacteur: Serge Perraud dimanche 28 juillet 2013
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