The Three Musketeers

Il faut que les gens sentent toute l'horreur de cette société qui réclame une vie humaine. Tout est si bien calculé. La pesée du condamné. La vérification de la corde. Cela se passera cette nuit même. C'est si commode. Le condamné n'aura qu'un pas à faire.
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DVD - Espionnage

The Three Musketeers

Terrorisme - Trafic - Complot - Trahison MAJ lundi 10 juin 2013

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 13 €

Armand Schaefer & Colbert Clark
Scénario adapté de l'œuvre de Alexandre Dumas
The Three Musketeers - 1933
Roland Lacourbe (présentation)
Paris : Bach Films, juin 2013
2 DVD VOST Zone 2 ; noir & blanc ; 19 x 14 cm
Coll. "Serial"

Dumas au Sahara

John Wayne qui joue dans un serial des années 1940 intitulé Les Trois mousquetaires, c'est suffisamment intrigant pour être regardé mais surement pas pour être chroniqué sur k-libre, et pourtant cette série de douze épisodes y a totalement sa place. Il faut bien le dire l'on a à faire à une très libre adaptation qui transpose un peu tout ça dans le désert du Sahara avec un décor planté dès la première scène : trois légionnaires - un Américain de Brooklyn, un Français et un Allemand - se battent corps et âmes contre des bédouins plus blancs que nature qui s'occupent de trafic d'armes dans le but avoué de fomenter un complot visant à éliminer la présence française au Maghreb. Ces trois légionnaires au moment d'être submergés par le nombre de leurs adversaires décident de charger baïonnette au canon au cri de "Un pour tous, tous pour un !" quand le lieutenant américain Wayne, de passage pour aller voir sa fiancée, aux commandes d'un biplan, règle son compte aux autochtones avant d'atterrir et de lier connaissance avec nos trois soldats. "Nous sommes les trois mousquetaires modernes, tu es notre d'Artagnan." De prime abord, nous sommes très loin du roman d'Alexandre Dumas pourtant, n'en déplaise à Roland Lacourbe dans les bonus qui ne voit dans ce passage qu'un point de raccord avec l'histoire épique dumasienne, il y a une véritable filiation qui n'est certes pas exploitée jusqu'au bout puisque seul le personnage de Porthos est caricaturé en ce sens - il ne pense qu'a manger et a toujours un saucisson planqué en rond sous son képi. Dans cette aventure remodelée qui donne le beau rôle à John Wayne, El Sheitan (Satan) est le chef d'un groupe armé qui entend donc anéantir les forces françaises. Pour cela, il est nécessaire d'armer les Arabes.
Les douze épisodes d'à peine vingt minutes chacun - et encore il incombe de retirer du temps le rappel à l'épisode précédent - vont donc dérouler une intrigue avec un chargement d'armes qui ne cesse de changer de mains, et notre bande de trois légionnaires qui sont autant d'épines dans le pied d'une organisation secrète qui se réunit en conclave au son des tambours dans la ville, qui frappe à une porte où il faut annoncer à un œil un mot de passe ("Le soleil se lève à l'est"), et où El Sheitan apparait avec un magnifique effet pyrotechnique. Tous ses membres cachant leur identité sous leur costume saharien, il est facile d'entretenir le suspense quant à l'identité réelle d'El Sheitan. Tous les indices pointeront très vite sur un colonel de la Légion, d'autant que ses faits et gestes trahissent quelque peu la confiance que l'on pourrait avoir en lui. Mais dans cette aventure guerrière coloniale, il y a aussi une jeune promise au lieutenant Wayne dont le frère a été assassiné par El Sheitan en personne, qui croit que l'homme qu'elle aime a tué son frère (une lettre falsifiée l'accuse), un agent américain, deux-trois chefs de guerre bédouins plus ou moins fidèles à la France, un commerçant européen avisé, pour faire office de suspects.
La production peu regardante sur les trois derniers épisodes offre son lot de flashbacks qui permettent avec un montage très peu savant d'avoir quinze à vingt minutes de film recyclé. Mais on aura apprécié les hasards de rencontre (les personnages ne cessent de se croiser aussi bien en ville que dans le désert), les longues chevauchées (il faut apprécier comment tous montent à cheval et s'en vont au galop) qui semblent en accéléré, les bagarres contre les indigènes à un contre cinq où chacun y met du sien pour ne pas frapper trop fort et partir se réfugier derrière une porte, les ruses infaillibles de part et d'autres, et les espions qui se cachent derrière chaque angle de bâtisse avant de repartir au galop. Et surtout John Wayne pour son troisième serial, plus Wayne que nature, à la diction hautement reconnaissable, qui évite déjà toutes les balles, déjoue tous les complots, passe beaucoup de temps en prison, frôle d'un cheveu la mort devant le peloton d'exécution, et finit par convoler avec Constance Bonacieux après avoir déjoué tous les plans du Cardinal. Vous voyez bien qu'il y a plus d'un rapport avec le roman d'Alexandre Dumas.

The Three Musketers (210 min.) : réalisé par Armand Shaefer & Colbert Clark sur un scénario de Norman S. Hall, Colbert Clark, Ben Cohn & Wyndham Gittens d'après Alexandre Dumas. Avec John Wayne, Raymond Hatton, Ralph Bushman, Jack Mulhall, Ruth Hall, Creighton Chaney...
DVD 1 : 1. "Le Cercle ardent" ; 2. "Un pour tous, tous pour un" ; 3. "Le Maître espion" ; 4. "Pirates du désert" ; 5. "Les Fusils des rebelles" ; 6. "Le Marathon de la mort".
DVD 2 : 7. "La Couleur de l'acier" ; 8. "Le Maître attaque" ; 9. "La Grotte fatale" ; 10. "Pris au piège" ; 11. "La Valeur d'un homme" ; 12. "La Gloire des camarades".
Bonus. Présentation de Roland Lacourbe.

Citation

Nous sommes les trois mousquetaires modernes, tu es notre d'Artagnan.

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 10 juin 2013
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