Les Fenêtres murmurent

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Roman - Noir

Les Fenêtres murmurent

Psychologique - Assassinat MAJ mardi 09 avril 2013

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20,5 €

Dulle Griet
Paris : Presses de la Cité, février 2013
308 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-258-09273-0
Coll. "Domaine français"

Concerto (pianissimo) pour folie douce

Dans une petite rue de Bruxelles, une voiture stationne. Elle semble perdre de l'huile mais lorsque l'on y regarde de plus près, c'est en fait une tache de sang. Dans le coffre de la voiture, une chirurgienne égorgée. Toujours dans cette rue quelques fenêtres, celle des principaux suspects : le mari qui a peut-être une maîtresse, l'amant qui vit avec sa femme paralysée, et un violoniste fou qui joue nu à sa fenêtre pour apaiser les esprits de sa mère morte. Le violoniste est dérangé, mais les autres personnages ne le sont pas moins. Le mari est intéressé par la laideur de sa femme, mais aime une bibliothécaire accorte, l'amant se flagelle d'avoir causé l'accident de sa femme, qui n'est peut-être pas si paralysée que cela. Face à eux, un ancien commissaire exclus de la police pour avoir cru à un complot : sa femme est morte dans un accident étrange - hypothétique prélude à d'autres épisodes à venir -, et qui est réengagé comme expert, et son adjointe qui, elle, est poursuivie par les assiduités d'un député au bras long.

Parsemé de références culturelles aux artistes belges, noyauté par des expressions étrangères, Les Fenêtres murmurent se concentre autour de ces quelques personnages et surtout de cette rue. Du coup, les ailes de l'intrigue ont du mal à se déployer, se cognant sans arrêt sur les façades des maisons de la rue étroite. Dulle Griet digresse en nous présentant le point de vue d'un personnage sans expliciter les choses pour alourdir un suspense qui en a bien besoin, et par des échappées vengeresses sur un personnage ou l'autre - les démêlés de la policière avec son député ou les discussions entre le commissaire et son fils. Si la description de Bruxelles et de certaines de ses problématiques (un monde bourgeois sclérosé par exemple) est rendue avec justesse, elle n'atteint pas à l'universel qui la rend accessible à tous les lecteurs hors des frontières belges, et l'intrigue policière n'est pas assez forte pour contrebalancer cet aspect. C'est ainsi que ce second volet des "Mystères de Bruxelles" parle sans aucun doute beaucoup plus à un lecteur belge ou un métropolitain bruxellois. Pour les autres, le roman n'offre son intrigue que par un chuchotement malheureux.

Citation

Le docteur Georgette Vanderbiest vient de rendre son âme à Dieu au moment où la collégiale sonne les douze coups de minuit aux accents d'une prière juive.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 08 avril 2013
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