L'Âge du doute

Contrairement aux tribunaux de première instance et surtout aux cours d'appel, la cour de cassation apparaît comme un monde bien réglé qui offre une justice efficace. Certes, ce n'est qu'une impression, car le monde n'est pas bien réglé et la justice n'est pas efficace. Mais c'est une expression agréable.
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mercredi 26 septembre

Contenu

Roman - Policier

L'Âge du doute

Social - Énigme - Assassinat MAJ lundi 25 février 2013

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20,2 €

Andrea Camilleri
L'Eta del dubbio - 2008
Traduit de l'italien par Serge Quadruppani
Paris : Fleuve noir, janvier 2013
248 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-265-09396-6
Coll. "Thriller"

Le démon du Midi

Le lecteur va retrouver dans ce nouvel opus des aventures du commissaire Montalbano tout le charme des précédents : les mensonges dans lesquels le policier s'enferre pour ne pas s'occuper de la paperasse. Il va devoir tuer les enfants qu'il n'a pas mais qui lui servaient d'alibi pour ne pas faire le travail qu'il devait accomplir. De même, il profite d'une violente tempête et d'une fuite depuis le toit pour jeter dans l'eau des formulaires, s'évitant ainsi de les compléter. On retrouve ses adjoints, quelques recettes de cuisine, des coups de fil de Livia et la nonchalance à mener une enquête qui avance autant au rythme de ses rêves que de ses interrogatoires. Mais plus que l'age du doute, c'est l'âge tout court qui inquiète le commissaire Montalbano : il rencontre une première jeune femme qui va le mener en bateau sans qu'il s'en rende compte, puis lors de son enquête, il va découvrir qu'il doit collaborer avec une seconde. Il redécouvre, et c'est très attendrissant, raconté avec un sens aigu du petit détail et une certaine maestria, la passion naissante, les problèmes que cela pose, une sorte de tragédie du quotidien, voire du banal, au cœur d'une enquête qui, du coup, se tient en retrait, elle aussi comme gênée, plus obscurcie par cette irradiation d'amour.
Tout au long de l'intrigue, Montalbano se prend les pieds dans les tapis, se sent perdu. Les châteaux de cartes qu'il bâtit depuis des livres semblent vaciller sur leurs fondations incertaines - la fausse famille, les doutes de Livia. La tempête du début, qui d'ailleurs aide à la découverte du mort, est le prémisse de la tempête qui va submerger son cœur. Lorsque tout s'affole - le roman s'ouvre d'ailleurs sur l'enterrement de Montalbano -, l'arrière-plan reste très simenonien avec des bateaux, des trafics de diamants, des marins taiseux et une femme fatale nichée au cœur de son yacht, dans des escales improbables. Sans être le volume le plus accompli de la série, ce nouveau volet montre l'attachement de l'auteur à son personnage et, par delà, le plaisir du lecteur à baguenauder tranquillement, à musarder, à déguster, à lézarder en Sicile, au fil des titres.

Citation

Quand elles sont bien trempées, tu les mélanges à celles qui sont déjà inutilisables. Mais ne les jette pas, on en a besoin comme preuve des dégâts qu'on a subis.

Rédacteur: Laurent Greusard vendredi 22 février 2013
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