La Princesse du sang

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samedi 06 juin

Contenu

Bande dessinée - Thriller

La Princesse du sang

Enlèvement - Complot MAJ jeudi 29 novembre 2012

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Réédition

Public connaisseur

Prix: 35 €

Doug Headline (scénario), Max Cabanes (dessin)
Scénario adapté de l'œuvre de Jean-Patrick Manchette
Marcinelle : Dupuis, novembre 2011
160 p. ; illustrations en couleur ;
Coll. "Aire libre"

Actualités

  • 06/11 Édition: Parutions de la semaine - 6 novembre
  • 21/06 Radio: Ondes noires très graphiques...
    Quatre albums et deux romans : ce quinzième épisode d'Ondes noires, diffusé le mercredi 1er juin sur Agora FM, est résolument graphique - encore convient-il de noter que les quatre bandes dessinées présentées sont... des adaptations de romans. Prenant la parole tour à tour - parfois en duo quand l'enthousiasme a été aussi fort pour l'un et l'autre, Jacques et Corinne font part de leurs derniers bonheurs de lecture - avec chaleur, et une indéniable force de conviction...
    Le premier ouvrage à avoir l'honneur des noires ondes est l'album qu'Olivier Berlion a tiré du roman de Tonino Benacquista La Commedia des ratés (Dargaud). Selon Jacques, le trait d'Olivier Berlion dépasse en qualité ce qu'il était dans Le Kid de l'Oklahoma (album qu'il avait réalisé à partir du roman éponyme d'Elmore Leonard) - il parvient ainsi à restituer non pas l'Italie mais "l'italianité". Et Jacques de ne plus tarir d'éloges sur le dessin : des aquarelles réalistes très attachées aux détails, avec beaucoup de gros plans, notamment sur les visages, particulièrement expressifs. C'est un tome 1, il faudra donc attendre la suite, prévue pour le mois de septembre.
    Corinne enchaîne avec La Princesse du sang, adapté d'un roman que Jean-Patrick Manchette a laissé inachevé par Doug Headline (le fils du romancier), dessiné par Max Cabanes(Dupuis). Il s'agit du second tome, qui comble enfin l’attente qu'avait engendrée une première partie déjà fort apprécié par les Noir'rôdiens. Corinne souligne entre autres attraits les "effets de caméra" du dessinateur, sa façon de mettre en cases, et les "paysages somptueux" qu'il a imaginés pour accueillir les personnages de Jean-Patrick Manchette.
    Vient ensuite, commenté par Jacques, une adaptation de Scarface - ce roman d'Armitage Trail moins connu pour lui-même que pour les deux adaptations cinématographiques qu'en ont faites Howard Hawkes en 1932, puis Brian de Palma en 1983. Paru en 1929, le roman n'a été traduit en français qu'en 1992, aux éditions Rivages. La bande dessinée a été réalisée – texte et dessin - par Christian De Metter. Précision d'importance : le scénariste-dessinateur a adapté le roman, non pas les films qui, autant l'un que l'autre, s'écartent beaucoup de l'histoire originale. Jacques a surtout été sensible aux chromatismes dont use Christian De Metter, tout un jeu de nuances qui varient en fonction des ambiances et donnent une "véritable épaisseur" au personnage principal.
    Le dernier album mis en vedette est L'Organsation, paru chez Dargaud. Signé Darwyn Cooke, il est tiré d'une œuvre de Richard Stark et a été traduit par Doug Headline. Il correspond au roman paru en 1964 dans la "Série noire" sous le tire Peau neuve. Petit clin d'œil aux collectionneurs : Jacques précise que ce volume de la "Série noire" porte le numéro 854 – clin d'œil auquel nous nous sommes amusés à faire écho en illustrant cette dépêche.
    Quant aux romans, les Noir'rôdiens évoquent d'abord le dernier opus de Don Winslow, traduit par Freddy Michalski pour les éditions du Masque et publié sous le titre Savages. Un roman qui compte presque autant de chapitres que de pages et dont le premier est sans aucun doute le plus court de toute l'histoire du polar puisqu'il tient en un Fuck you déclencheur de l'intrigue... "Ça va aller à cent à l'heure", prévient Jacques. Le livre, pour être chroniqué par Jacques, est également défendu par Corinne qui a été, dit-elle, "bluffée par le style" et par "le texte au cordeau, où il n'y a pas un mot de trop". Les auditeurs apprennent en outre que le roman sera porté à l'écran par Oliver Stone, avec Don Winslow au scénario.
    L'émission s'achève avec Guerre sale, de Dominique Sylvain (éditions Viviane Hamy). Jacques et Corinne ont un peu tardé à présenter ce livre parce qu'ils espéraient bien avoir l'auteur en personne au bout du fil, sinon dans leur studio. Or celle-ci vit actuellement au Japon et se déplace beaucoup en Asie... Ils ont donc dû se résoudre à procéder sans elle. Nul doute cependant qu'elle sera touchée de ce qui aura été dit de son roman – par exemple ceci, de la part de Corinne : "Dominique Sylvain réussit un joli tour de force, en dosant subtilement la gravité des faits, l'horreur des meurtres, et un humour déjanté, corrosif, qui passe étonnamment bien par les dialogues."
    Liens : La Commedia des ratés - Première partie |Parker : l'organisation |Richard Stark |Doug Headline |Christian De Metter |Don Winslow |Dominique Sylvain |Freddy Michalski |Tonino Benacquista |Darwyn Cooke |Jean-Patrick Manchette |Max Cabanes |La Noir'Rôde

  • 14/03 Prix littéraire: Les récompenses de Bon-Encontre (47)

Noir écarlate

Adaptation d'un roman inachevé de Jean-Patrick Manchette, ce double album parfaitement dessiné par Max Cabanes est un foisonnement de genres et d'idées. À la fois thriller, roman d'aventure et d'espionnage, la bande dessinée brasse les événements mondiaux allant de la Seconde Guerre mondiale à la révolution cubaine en passant par la guerre froide et la crise hongroise. Pourtant, l'intrigue est simple car le scénario proposé par Doug Headline (qui n'est autre que le fils de Jean-Patrick Manchette), qui conserve l'esprit, est minimaliste à souhait. Et les événements nous sont proposés froidement. De quoi est-il question dans ce diptyque ? De la rencontre programmée entre une femme enfant et une enfant femme au fin fond de la jungle cubaine en 1956. La première, Ivory Pearl est une orpheline de la Seconde Guerre mondiale qui a su charmer le lieutenant Robert Messenger, qui est devenue grand photographe reporter. La seconde, Alba "Negra" Black, nièce d'un magnat trafiquant d'arme, a été l'objet d'un simulacre d'enlèvement qui n'avait pour d'autre but que son assassinat fomenté par son propre oncle. C'est la Princesse du sang.

Cent soixante pages qui déclinent l'Histoire avec ses complots et ses ramifications. Avec surtout des personnages ni blancs ni noirs. Évidemment, des puissances ont intérêt à remettre Alba entre les mains de son oncle, mais d'autres - à commencer par l'oncle lui-même -, ne le souhaitent pas, et ne désirent que sa mort. Aussi de nombreux tueurs se donnent-ils rendez-vous sans bien savoir les uns les autres quelle sera la difficulté qui les attend. C'est ainsi que la jungle cubaine est l'objet d'une vaste course-poursuite à plusieurs niveaux avec des individus dont la loyauté est mise à rude épreuve. Max Cabanes et Doug Headline nous font suivre une péripétie parmi tant d'autres de Ivory Pearl avec beaucoup d'action où s'intercalent des scènes intimistes. Ivory Pearl a vraiment un joli physique, et l'on sent qu'elle a beaucoup inspiré Max Cabanes. Son côté garce mal éduquée indépendante et intègre en fait un personnage rare voué à se faire abuser. Et dans ce diptyque, beaucoup sont là à tirer les ficelles d'une pantomime géo-politique. Il y a du rythme, beaucoup d'actions, du sang qui vole dans tous les sens, des manigances dévoilées, un message politique plus qu'apparent, des personnages emblématiques qui sillonnent un scénario à la fois enlevé et maîtrisé. Le pire c'est qu'aujourd'hui encore l'histoire nous parait plausible, et prompte à se répéter de nos jours.

NdR - Réunit La Princesse du sang première (80 p.) et deuxième partie (80 p.). Un livret (16 p.).

Illustration intérieure

La chasse à la Princesse du sang est lancée. Avec quelques premiers écueils.



On en parle : Le Magazine littéraire - Hors-série n°17

Citation

Un matin d'été, Ivy s'ondoya sous une outre, se brossa les dents. La moitié de la planète terre était dans l'ombre de la nuit. Des passeurs du FLN franchissaient la frontière entre la Tunisie et l'Algérie avec des armes. Lajos dormait profondément dans sa chambre personnelle. Le jeune trompettiste Clifford Brown était mort en automobile avec son pianiste Richie Powell dans la nuit du 26 au 27 juin.

Rédacteur: Julien Védrenne mardi 20 novembre 2012
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