Pigalle 62.27

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Bande dessinée - Noir

Pigalle 62.27

Psychologique - Arnaque - Vengeance MAJ dimanche 11 novembre 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 15 €

Jean-Claude Götting (scénario), Loustal (dessin)
Paris : Casterman, septembre 2012
72 p. ; illustrations en couleur ; 30 x 23 cm
ISBN 978-2-203-04792-1

Roman noir, graphique et parisien... période fifties

En cette fin des années 1950, Antoine Perchaux monte à Paris avec une idée fixe en tête : retrouver l'homme qui a poussé son père au suicide. Pour cela, il ne dispose que d'une piste, un nom et un prénom, Robert Mondcamp, lu à plusieurs reprises sur les courriers adressés à son père. Antoine procède alors le plus simplement du monde  : il consulte le bottin et appelle le seule R. Mondcamp qui y figure, Pigalle 62-27. Et c'est bien lui. Perchaux réussit à l'approcher, par le hasard de ses pérégrinations de détective amateur, autour d'une table de l'académie de billard. Mondcamp sympathise avec lui, au point de l'embaucher pour des petits boulots. Une aubaine pour Perchaux, qui accepte, et va attendre son heure pour frapper. Mais le temps passe et le désir de vengeance s'éloigne, d'autant plus que le nouveau train de vie d'Antoine n'a plus rien à voir avec celui du petit provincial qu'il était à son arrivée à la capitale...

Dans une ambiance fifties parfaitement restituée, Götting et Loustal ont imaginé une histoire de vengeance "à l'ancienne", avec tous les ingrédients qui la rendent crédible et captivante : le jeune homme à la fois perdu dans la ville-lumière, et fasciné par ses attraits, la femme qui va changer sa vie, le malfrat un peu bonhomme à la férocité latente... Toute une galerie de personnages tout droit sortie des films noirs à la française, dans un album visuellement très cinématographique. Loustal l'avoue d'ailleurs dans l'interview du dossier de presse : "... je me suis de nouveau plongé dans le cinéma noir français des année 1950, tous ces films où il suffit parfois d'un plan banal dans une histoire quelconque pour dénicher un détail formidable". Mais si ce polar fonctionne bien, c'est aussi grâce au talent de Götting, qui lui a donné un côté psychologique des plus intéressants : comment un homme peut-il se retrouver fasciné par celui qui est la cause même de son malheur ? Et avec un autre questionnement à la clé : l'argent peut-il tout dissoudre, jusqu'aux sentiments ? Réponse dans les rues de Pigalle.

Illustration intérieure

La mort au bout du fil ?


Citation

J'ai un peu honte des petites arnaques auxquelles il me mêle. Au début, j'observais plus que je ne participais. Maintenant, je m'habitue. Je prends de l'assurance. Je saigne moins souvent. Peut-être vais-je devenir, comme Meisner ou la routine, pour qui l'arnaque est une façon comme une autre de gagner sa vie.

Rédacteur: Frédéric Prilleux dimanche 11 novembre 2012
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