Le Cercle des spectres

Ceci est mon dernier jour de liberté. Si demain à minuit je ne viens pas à lui, il viendra me chercher avec sa voix ensorcelante... Il m'entrainera sous terre avec lui ! Il me dira encore qu'il m'aime, il se jettera à mes pieds, et les larmes couleront de ses orbites noires ! Je ne peux plus voir cela ! C'est insupportable ! Je lui appartiens, je suis perdue !
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dimanche 24 septembre

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Bande dessinée - Noir

Le Cercle des spectres

Gothique MAJ mardi 11 septembre 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 13 €

François Deflandre (scénario & dessin)
Saint-Égrève : Mosquito, septembre 2012
56 p. ; illustrations en couleur ; 30 x 23 cm
ISBN 978-2-35283-079-5

Gothique graphique

Le Cercle des spectres est une étrange bande dessinée de François Deflandre, parue chez Mosquito, très graphique au texte écrit en blanc sur fond violine avec matière. La chose a son importance tant le lecteur est habitué au noir sur fond blanc. Du coup, la lecture est plus attentive, les détails ressortent d'autant, et ce sang magenta nous explose plus violemment en pleine figure.

François Deflandre redonne vie à son personnage d'Éloïse après Puzzle gothique. Femme de chambre en charge de Kate, trente-quatre ans et schizophrène depuis l'incendie il y a dix-sept ans d'un collège pour filles qui fit dix-huit victimes dont son amie Lucy avec laquelle elle entretenait une passion torride, Éloïse est curieuse avant que d'être détective. À mesure que Kate déroule son histoire, Éloïse s'enfonce dans les soubassements d'un lycée détruit par un incendie. Mais on comprend très vite à la lecture des premières pages qu'un autre drame s'est déroulé en ces lieux occulté par l'incendie, et que derrière la très croyante directrice se cachait une femme aux vices exhibés secrètement et donc inavoués - c'est l'un des archétypes du thriller même graphique : derrière le respectable se cache l'inavouable. Basique mais toujours efficace.

Peu d'enquête dans cet album qui préfère dévoiler peu à peu les pans d'un drame luciférien et qui allie flashbacks et présent avec une profondeur de trait violente qui s'approche de la ligne claire. François Deflandre aime l'univers gothique. Il le décline, s'en éloigne pour mieux y retourner. Prend ses aises avec les corps vivants de nus avant de les transmuter en squelettes recroquevillés tels qu'on pourrait les découvrir dans une crypte de cathédrale. Et ce lycée pour jeune fille était déjà un tombeau avant même qu'on tue et emmure ses pensionnaires. Les silhouettes de ce dessinateur sont souvent entourées d'un rouge iridescent même s'il privilégie les différentes gammes de rouge comme pour mieux révéler une aura maléfique ou colérique, les regards sont expressifs, la végétation mystérieuse et l'architecture curieuse.

Illustration intérieure

Gothique, vous avez dit gothique, Éloïse ?


Citation

Le brasier les avait-elles réduites en cendres parmi les cendres ? Des 18 jeunes filles internes du collège présentes cette nuit-là, seule Kate avait survécu.

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 10 septembre 2012
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