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vendredi 17 août

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Roman - Thriller

Cool

Social - Mafia - Guerre - Drogue MAJ vendredi 28 septembre 2012

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,5 €

Don Winslow
King of Cool - 2012
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Freddy Michalski
Paris : Le Seuil, septembre 2012
382 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-02-1084220-7
Coll. "Policiers"

Prequel prétexte

Chon, Ben et O. Le trio découvert dans Savages est ici reformé non dans une suite mais dans un prequel. Que s'est-il passé avant que Savages nous emmène à mi-chemin entre culture et barbarie ? Cool, le nouveau roman de Don Winslow y répond forcément et d'entrée place le décor - en cela Don Winslow est un récidiviste car il s'était déjà attaqué à un prequel de Shibumi, roman de l'auteur Trevanian.

Son premier chapitre affirme l'hérédité de ton : "Fuck me" est en effet le pendant échotier au "Fuck you" de Savages. Pas surprenant, normal ou ordinaire. À tel point que durant près de cinquante pages, loin d'être dépaysé, on se demande si l'on n'est pas en train de relire la même histoire. Et ce même si ce prequel nous offre un prequel dans le prequel. Là où Savages nous embarquait dans une histoire sans se retourner sur son passé, Cool explique le présent par le passé. Et c'est un long regard nostalgique et froid sur les années 1960-1970 avec en toile de fond Woodstock, Crosby, Stills, Nash & Young, le cannabis léger, les petites infractions qui conduisent au moyen banditisme, et toujours le surf. Ou comment une fratrie pacifique a engendré au propre comme au figuré notre trio de cultivateurs d'hydro, ce cannabis qui pousse hors sol.

O. ne couche pas encore avec Chon, mais pour énerver sa mère se met en quête de son père. Chon, lui, est entré dans l'armée et appartient à des forces spéciales en lutte contre AQ, le grand ennemi terroriste américain. Ne reste que Ben pour gérer le quotidien d'un trafic sans trop de prétentions si ce n'est qu'il suscite l'intérêt de la mafia qui entend bien prélever son impôt. Mais Ben est butté, puis déstabilisé, enfin désemparé. Alors il fait appel à un agent de la DEA. Mais les solutions les plus simples, ne sont pas forcément les meilleures. Chon a mis en branle une machine aux multiples engrenages qui n'attendent que de lui broyer les doigts. D'autant que dans le cas qui nous préoccupe, la dope est une histoire de famille et d'arrivisme.

Et Don Winslow de tisser un canevas, de tenter de rendre complexes les relations entre ses personnages, d'y jouer de l'interdépendance et de la dure logique factuelle. Mais si l'idée est intéressante, l'ensemble a du mal à prendre. Cette œuvre avant l'œuvre ne surprendra pas. Sa structure et sa prose sont en tous points similaires à celles de Savages, le côté novateur forcément en moins. Les personnages sont en tous points fidèles à ce qu'ils deviendront. Et Don Winslow nous maquille tout ça avec une haute dose de culture américaine à travers les dernières générations perdues issues des malheureuses grandes guerres des soixante première années du XXe siècle. Distrayant sans être révolutionnaire, Cool est une bonne lecture de plage sauf qu'il sort à la rentrée...


On en parle : La Tête en noir n°159

Citation

Ben a la conviction que répondre à la violence par la violence ne génère que plus de violence alors que Chon croit fermement que répondre à la violence par la non-violence ne génère que plus de violence, avec, pour preuve à l'appui, toute l'histoire de l'humanité.

Rédacteur: Julien Védrenne mercredi 25 juillet 2012
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