Givre noir

J'ai pensé aux huit ans écoulés, aux nuits sans sommeil, aux terreurs sans commencement et sans fin ; j'ai pensé à Edwina parce que, de toute façon, je pense à elle sans arrêt ; j'ai pensé que la justice immanente était un concept mystérieux, qu'elle ne se vend pas, ne s'achète pas, mais parfois on aimerait que la grande roue cosmique s'arrête au bon endroit - faute de quoi il faut l'aider un peu. Je suis né à Cataract City, et on sait ce que c'est, la vengeance, ici. On paie ce qu'on doit, sinon on vous le fait payer.
Craig Davidson - Cataract City
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samedi 27 novembre

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Roman - Noir

Givre noir

Vengeance - Assassinat - Faits divers MAJ vendredi 04 mai 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 15 €

Pierre Pelot
Paris : La Branche, mars 2012
182 p. ; 20 x 14 cm
ISBN 978-2-35306-047-4
Coll. "Vendredi 13"

Sombres vendredis 13

On suppose que Pierre Pelot a écrit tout au long de sa riche carrière près de deux cents ouvrages en tous genres, du western à la science-fiction en passant par le polar et le roman noir. On imagine sans peine que le romancier qu'il est se joue des contraintes avec une certaine maîtrise et non méprise comme d'autres. La collection "Vendredi 13" des éditions La Branche, vous l'aurez deviné, demande à ses auteurs de planter leur décor en un moment fixé supposé porter malheur.

Dans l'intrigue que propose Pierre Pelot, le malheur est doublement fatidique. Une trame simple à deux voies, qui vont non pas se télescoper mais trouver racine dans un même drame. Nell, jeune femme à la beauté provocante, vit avec son oncle Stany, retraité, amoureux de son circuit ferroviaire et paléontologue amateur, et avec sa tante Mado, qui a acquis la certitude que son mari va la quitter et qui est prête à tout pour assurer ses arrières financiers. Arrive le vendredi 13, sa canicule propice à l'exacerbation, et Dustin, entre-deux-âges, ami supposé du fils de Mado, mort des années auparavant. Le huis-clos que développe alors Pierre Pelot est théâtral. Beaucoup de scènes avec des disparitions temporaires d'acteurs d'un drame que l'on pressent. On en apprend ainsi vite, dans un roman où les dialogues prennent le pas sur la narration, sur les passions, les pensées et les interactions de ces quatre personnages, qui se dévoilent très vite sous nos yeux. Nell ne supporte pas Mado, et est convaincue que sa tante avec l'aide de Dustin planifie la mort de son oncle. Stany, lui, sait que ses jours sont comptés, et que Mado a jeté son dévolu sur Dustin. Il pense que seule Nell mérite d'être sauvée, et envisage de partir avec elle. Dustin, depuis qu'il a vu Nell, ne souhaite plus que la conquérir. Mado souffre de ce revirement sentimental. Mais son plan se fera car elle n'en est pas à son coup d'essai. Son passé révèle un nombre de morts troublantes dans son entourage : un mari, deux enfants, une sœur... De quoi donner des frissons. D'autant que Stany est l'heureux propriétaire de plusieurs usines. C'est là la première et principale voie. La seconde relate un simple fait divers : un règlement de compte dans un bistrot d'Épinal à la chevrotine. Une étudiante, miss de la ville, victime de la jalousie d'un ex. Sauf qu'il s'agit d'une sombre intrigue de Pierre Pelot à la double conclusion.

Le drame n'est pas banal, la façon de le narrer, si. Parce que la plume de Pierre Pelot est affinée, toute en subtilité avec un jeu du langage prononcé, une variation pour chaque personnage. Et cela donne un roman plaisant à lire malgré ses drames.

Citation

Quand on ne dit pas les choses, c'est comme si elles n'étaient pas tout à fait vraies. Quand on les dit...

Rédacteur: Julien Védrenne dimanche 29 avril 2012
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