Cible mouvante

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Roman - Noir

Cible mouvante

Hard boiled MAJ lundi 07 mai 2012

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 10 €

Ross Macdonald
The Moving Target - 1949
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Jacques Mailhos
Paris : Gallmeister, mai 2012
286 p. ; 19 x 12 cm
ISBN 978-2-35178-518-8
Coll. "Totem", 18

Le retour de Lew Archer

Cible mouvante, écrit en 1949 par Ross McDonald, est la première aventure de son détective Lew Archer, un homme autant opiniâtre que désabusé, porté sur l'alcool et tombant entre les mains de jolies femmes de tous âges, riches et empreintes de folie. À ce titre, ce premier volet plante un décor qui va se retrouver tout au long d'une œuvre conséquente.

Lew Archer est chargé de retrouver un magnat du pétrole, peut-être bien enlevé par des amis qui lui veulent du bien, ou tout au moins à son oseille. Cet homme, Ralph Sampson, excentrique de première qui cultive les mauvaises fréquentations, a sûrement la crédulité de se croire carré, et s'est permis d'offrir à un saint homme une montagne pour une retraite. Il a tout pour plaire au roman noir car insaisissable (il fait d'ailleurs penser à l'un des protagonistes de L'Introuvable, de Dashiell Hammett), et est entouré de personnages hauts en couleur dont sa femme, évidemment belle, évidemment énigmatique, et qui s'inquiète de sa disparition à peine après vingt-quatre heures alors qu'il est coutumier du fait. C'est l'heure alors pour Lew Archer de plonger dans les méandres et les bars de Santa Teresa. Il va croiser une chanteuse de jazz, un pilote d'avion, une belle-fille nymphomane sur les bords, un truand à la grande semaine et un autre à la petite (les deux souffriront du même sort, comme quoi...), un ami avocat, un shérif hargneux, une ex-star nouvellement alcoolique... Et puis surtout, il va croiser de nombreux soucis et accepter des coups sur l'occiput. L'incontournable demande de rançon va finir par arriver, et initier le déferlement de violence inhérent au fatalisme de Lew Archer

Tout cela pourquoi ? Eh bien en digne descendant de Philip Marlowe, le héros hard boiled de Raymond Chandler, Lew Archer va en même temps qu'il démêle une intrigue familiale (avec tout ce qu'elle a de neurasthénique) révéler au petit jour un réseau de travailleurs immigrés, des malversations, des tromperies en veux-tu en voilà et, au final, s'en aller presque benoitement laissant derrière lui plus de sang qu'il n'y en avait au préalable. Plus de pleurs qu'il n'y en avait au préalable. Il ouvre aussi, ne l'oublions pas, la porte à dix-sept autres romans, quelques nouvelles, et à un psychothérapie en guise de catalyseur à son père littéraire en quête de son propre père dans une écriture sèche aux intonations caustiques et, rappelons-le, désabusée. Un bel ensemble lustré par les éditions Gallmeister qui, avec cette nouvelle traduction signée Jacques Mailhos, lui offrent en France une nouvelle vie.


On en parle : Carnet de la Noir'Rôde n°46 |L'Indic n°12

Citation

Morris était assis à la table de la cuisine, en peignoir, les yeux fixés sur deux œufs au plat qui lui renvoyaient son regard vide.

Rédacteur: Julien Védrenne dimanche 22 avril 2012
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