Trash circus

Edgar Wallace est le Ford du roman policier. Quoique produite en série, la Ford est une bonne machine. On peut en dire autant de n'importe quel roman d'Edgar Wallace. Son modèle T. tire bien. Il vous entraîne sans heurts et sans cahots pendant quelques heures dans un monde agréable où les banquiers sont intelligents, les policiers sympathiques et les politiciens honnêtes. L'évasion du réel ne saurait être plus complète.
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vendredi 10 juillet

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Roman - Noir

Trash circus

Psychologique - Social - Drogue MAJ mercredi 14 mars 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 14 €

Joseph Incardona
Paris : Parigramme, février 2012
220 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-84096-702-6
Coll. "Noir 7.5"

Borderline

Joseph Incardona aime le noir, un moyen efficace de faire un état des lieux de notre société. Quand il passe du noir au trash, il ne se contente plus d'observer, il passe à l'attaque. S'il faut devenir violent ou choquant, aucun problème. Du moment que ça sert le propos... Et pas de doute, le propos est servi, le lecteur aussi. Tout ça n'est évidemment pas gratuit. L'auteur semble vouloir en découdre avec la télévision, ce média dont de plus en plus de programmes ne semble être fait que pour exhiber et exacerber notre perversité. Dans cette catégorie, le Globe de cristal est attribué à... Endemol et Reservoir prod., que le jury n'a pas su départager. C'est justement ces maisons de production que l'on retrouve dans Trash circus, et plus particulièrement la dernière, renommée ici, Gazoil prod.

Pour s'y immiscer, Joseph Incardona a choisi de suivre Fréderic Haltier, collaborateur d'un célèbre présentateur à oreillette et narines chargées. Son métier est de trouver les sujets propices à éveiller la curiosité (malsaine bien entendu) des téléspectateurs. Sans morale ni conscience, autant dire que l'homme est un élément précieux de cette entreprise, à laquelle il est totalement dévoué. En dehors, sa vie se résume au sexe et au foot, ou plutôt à la violence qu'il peut exercer dans chacune de ses activités. Veuf depuis peu, il est libéré de la gêne que sa femme pouvait représenter. Bien sûr, il lui reste tout de même ses filles, mais en les envoyant en pension la semaine et chez leurs grands-parents le week-end, il a réussi à s'en débarrasser. Son monde gravite désormais librement autour de sa personne, qui d'amorale semble passer au fil des pages à psychotique. Un monde, un comportement, qu'Incardona nous dépeint par touches successives, révélant les syndromes de cet homme et de notre société. L'auteur semble en effet prendre un plaisir jouissif à faire vivre son personnage et le faire évoluer dans ce milieu illusoire et "dépravateur".

Grâce à un ton sarcastique et une écriture sans fioritures, Joseph Incardona ne manquera pas de choquer, mais aussi d'amuser son lecteur tout en faisant passer cette dérangeante mais juste critique de notre société. Un livre proche du 99 francs d'un autre Frédéric (Beigbeider), qui, s'il se concentre sur le milieu de la publicité, fait un constat tout aussi sarcastique que celui d'Incardona. Ce dernier aura tout de même pour lui la modestie et l'utilisation du roman noir en plus, un genre qu'il semble donc parfaitement maîtriser.


On en parle : L'Indic n°12

Citation

T'as plein de compte à régler en permanence, t'es en dette avec le cynisme, la veulerie, la lâcheté, la perversité, l'égoïsme, la rancœur, la méchanceté, la violence... Des comptes ouverts où tes cartes de crédits sont en platine, où tu régleras la facture en une seule fois quand tu seras crevé...

Rédacteur: Benjamin Fricard mardi 13 mars 2012
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