7 femmes contre Édimbourg

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Roman - Policier

7 femmes contre Édimbourg

Historique - Social - Médical MAJ jeudi 01 mars 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21 €

Ely M. Liebow
Seven against Edinburgh - 2012
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Françoise Jaouën
Paris : Baker Street, janvier 2012
416 p. ; illustrations en noir & blanc ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-917559-20-8

Quand l'Académie de médecine était un bastion machiste

Depuis Lucy, l'émancipation féminine suit un chemin jonché de ronces. Ely M. Liebow raconte un épisode supplémentaire, le combat réel, mâtiné d'une fiction policière, de sept femmes qui veulent suivre des études de médecine, dans l'Écosse de la seconde moitié du XIXe siècle.

Le Dr Patrick Heron Watson raconte les événements vécus à l'automne et l'hiver 187., quand sept jeunes femmes, menées par Sophia Jex-Blake, veulent entreprendre des études de médecine. De par le monde, quelques-unes ont déjà forcé les barrages, ont pu se former et exercent aux USA, en France, en Allemagne. Mais en Écosse, une telle demande exacerbe les passions. Sophia et Edith Rechey ont reçu un message d'avertissement accompagné d'un doigt coupé.
Alexander Russel, le directeur du Scotsman, un journal favorable à leur lutte, organise un débat sur le sujet avec des adeptes d'opinions diverses. Alors que le débat, bien mené permet à chacun de s'exprimer sans trop de débordements, la lumière s'éteint brusquement. Lorsqu'elle revient, une boite grise est posée sur le pupitre des intervenants. Elle contient deux oreilles et un message : "Vous n'avez pas écouté ! Renoncez à vous inscrire – sinon, gare à vous !"
La tension monte dans Édimbourg. Une nouvelle menace écrite est retrouvée épinglée sur la porte de l'appartement de deux candidates, le comité directeur de l'hôpital est dissous, un toxicologue de renommée internationale menace de démissionner si les femmes entrent à l'Académie de médecine, des étudiants font circuler des pétitions, la Reine s'en mêle...
Mais les aspirantes médecins tiennent bon, soutenues par des individus de valeur comme le Dr Joseph Bell, son assistant Arthur Conan Doyle, le Dr Watson, l'inspecteur de police Mccabe, les journalistes du Scotsman... Et puis, le sang coule !

Ely M. Liebow, s'il fut professeur d'anglais à l'université de Chicago, doit surtout sa notoriété à l'animation pendant de nombreuses années de la branche locale des The Baker Street Irregulars. Il est l'auteur de quelques ouvrages dont le célébrissime L'Homme qui était Sherlock Holmes (Baker Street, 2009), la biographie du Dr Joseph Bell, l'homme dont Arthur Conan Doyle s'inspira pour Sherlock Holmes. C'est lors des recherches qu'il fit pour ce livre qu'il prit connaissance de cette affaire des aspirantes médecins où Bell joua un rôle important, ainsi que son jeune assistant Arthur Conan Doyle.

Dans 7 femmes contre Édimbourg, l'auteur étaye son intrigue sur des faits authentiques, le combat de ces jeunes femmes pour pouvoir suivre des études en médecine. Mais, si le seul récit de la lutte menée par ces aspirantes suffit à être passionnant, l'auteur y mêle des éléments fictionnels pour créer une dynamique supplémentaire. Il assemble judicieusement les deux parties pour une enquête que n'aurait pas désavouée Arthur Conan Doyle lui-même. Il offre un éclairage historique brillant sur le climat social et politique de l'Écosse de cette époque.

L'auteur s'attache à faire vivre les craintes des sommités en médecine, ces notables établis qui craignaient de perdre leur position. Ce qui est effarant, c'est de constater que des individus, a priori intelligents, à l'esprit ouvert à la nouveauté, puissent se comporter ainsi. C'est d'autant plus inepte de la part de médecins sensés connaître les capacités de l'humain, des femmes à assurer telles ou telles fonctions. Mais, était-ce des praticiens qui s'exprimaient où des individus confits en religion ? Les personnalités de Joseph Bell pèsent sur le roman ainsi que celle de Doyle.

7 femmes contre Édimbourg avec son intrigue alerte, l'expression des opinions professées à cette époque, se lit avec beaucoup d'intérêt.

Citation

Elle indiqua du doigt une petite boite en carton gris posée sur le pupitre. Le couvercle avait glissé sur le côté, découvrant deux oreilles à l'étrange couleur rosée posées sur du coton. Des oreilles humaines. Probablement celles d'une femme.

Rédacteur: Serge Perraud samedi 25 février 2012
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