Le Juge Thorne fait sa loi

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DVD - Noir

Le Juge Thorne fait sa loi

Western MAJ jeudi 23 février 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Réédition

Tout public

Prix: 0 €

Jacques Tourneur
Stranger on Horseback - 1955
Bertrand Tavernier (présentation)
Patrick Brion (présentation)
Paris : Sidonis, janvier 2012
Zone 2 ; couleur ;
Coll. "Western de légende"

Law & Order

Avec Le Juge Thorne fait sa loi, Jacques Tourneur réalise un western très court (66 min.) tout en rythme, jubilatoire et brillant. Le film aurait pu s'appeler Le Juge fait cavalier seul. Le Juge Thorne, c'est Joël McCrea, droit dans ses bottes, intègre et d'un calme absolu dans un film "plein d'aisance" comme le souligne Bertrand Tavernier.

La trame est très simple : aux confins de l'Ouest, la loi des États-Unis ne règne pas. Des juges itinérants sont mandatés pour faire respecter la justice. C'est le cas du juge Thorne qui arrive dans une ville dirigée par Bannerman (John McIntyre phénoménal d'empathie, que l'on sent tourmenté par ses devoirs familiaux et la droiture des hommes de l'Ouest). Toutes les enseignes de la rue lui appartiennent ; tous les pâturages alentours aussi, ce qui lui fait justement dire qu'il faut deux jours à cheval pour parcourir ses terrains. Son fils, Tom (Kevin McCarthy), a tué un homme dont il courtisait la femme. Légitime défense en ont décidé les notables de la ville. Mais un crime reste un crime, et le juge Thorne entend présenter le meurtrier à la cours de justice. On devine que le juge va se retrouver confronté à la famille Bannerman, et que son action va être semée d'embûches.

La subtilité de ce film et de Jacques Tourneur est de proposer un rôle en or à John Carradine. L'être longiligne, cynique, grinçant et solennel va tenir la dragée haute à Joël McCrea. On assiste à un véritable duel dans l'Ouest entre le juge et le procureur corrompu. Une joute verbale de première, un défi oral, avec des dialogues caustiques, ironiques, écrits et redonnés par des acteurs brillants de façon purement jouissive. Mais le film ne s'arrête pas là car il y a évidemment l'élément féminin, le grain de sable dans la fratrie Bannerman. La fille (Miroslava qui tourne ici son avant-dernier film avant un chagrin d'amour qui la poussera à se suicider à trente ans même pas révolus). Splendide dans tous les sens du terme avec cette fierté qu'ont celles à qui rien ne peut arriver. Promise à un banquier pantin de la famille, et qui tombe sous les charmes de ce juge qui la regarde d'un air amusé voire débonnaire. Elle finira son meilleur allié lors d'un final épique tout en cheval et en course-poursuite, et deviendra, on le devine, sa femme.

Mais, auparavant, on aura pu apprécier le juge dans ses œuvres : il réagit à la violence par une rapidité d'esprit et de gestes. Son charisme et sa volonté lui permettent de s'allier les bonnes grâces du shérif local. La ruse l'emmènera vers la réussite et la justice. Et c'est ainsi que naissent les légendes...

Le Juge Thorne fait sa loi : 66 min. réalisé par Jacques Tourneur d'après un roman de Louis L'Amour avec Joël McCrae, Miroslava, Kevin McCarthy, John McIntire, John Carradine, Nancy Gates...
Bonus. Présentation de Patrick Brion. Présentation de Bertrand Tavernier. Galerie de photos.

Citation

Dans l'Ouest, la justice et les tribunaux étaient inconnus. Les premiers pionniers se considéraient les maîtres de leurs empires. La loi n'était pas de cet avis. Un juge itinérant des Etats-Unis avait besoin de trois choses : le code pénal, un cheval et une arme. Plus il avançait à l'ouest, moins le code lui était utile. J'allais vers l'ouest.

Rédacteur: Julien Védrenne mardi 21 février 2012
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