La Rigole du diable

Les finances sont au plus bas, mon cher Watson. Il ne me reste plus que dix livres et trois shillings. Je n'ai même plus de faux billets puisque j'ai fourgué les derniers à ce fameux Midget. Quand à mon compte en banque, il est aussi sec que le désert de Gobi.
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samedi 23 septembre

Contenu

Roman - Thriller

La Rigole du diable

Assassinat MAJ jeudi 24 novembre 2011

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,5 €

Sylvie Granotier
Paris : Albin Michel, janvier 2011
354 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-226-21869-8
Coll. "Spécial suspense"

Coup d'œil dans le rétro

Sylvie Granotier continue son petit bonhomme de chemin à travers des histoires avec un certain charme rétro, puisque évoquant souvent les années 1970 à travers des affaires criminelles entre personnages généralement aisés. Et le personnage de Catherine Montigny, avocate "libérée", que nous propose ce nouveau roman aurait certainement été novateur... dans les années 1970 justement ! Ce portrait de femme qui évite le cliché de la "battante" commence à dater. L'intrigue, elle, ressemble plus à un fait divers tel qu'on pourrait en trouver dans n'importe quel quotidien (et qui pourrait ouvrir un roman de la série du "Poulpe") : Gaston Villetreix, un cultivateur de Creuse, a été empoisonné. Tout semblait accuser sa femme Myriam, une de ces "épouses sur commande" venue d'Afrique, accablée par la famille de Villetreix condamnée bien qu'elle clamât son innocence. Catherine prend fait et cause pour cette veuve scandaleuse : une femme, noire de surcroît, ne peut pas mentir, n'est-ce pas ? Sauf qu'au fur et à mesure qu'elle plonge dans cette affaire, elle s'aperçoit que les choses ne sont pas si claires. Et pire encore, Catherine se retrouve face à l'événement traumatique qui l'a marquée à tout jamais : le meurtre de sa mère, sauvagement assassiné au lieu dit "La Rigole du diable" dans ce même département — meurtre commis en présence de Catherine, endormie dans sa poussette ! Une intrigue qui en vaut une autre en effet, à travers d'un texte qui se déroule dans un flou artistique de torpeur provinciale marqué par des visions subliminales de couleurs fulgurantes au point de donner l'impression d'un rêve éveillé... Flou qui peut entretenir une certaine confusion dans l'intrigue proprement dite, un rien empêtrée dans ses flash-back, d'autant que l'auteur part d'un style sec, impressionniste pour soudain infliger des phrases interminables menaçant de s'effondrer sur elles-mêmes. Syndrome de la date de remise de manuscrit ? Car lorsque le texte se reprend, il offre des pages assez passionnantes. Par contre, politiquement correct oblige, les personnages masculins ne sont que des bouts de viandes animés et, toujours conformément à la doxa actuelle (surtout cinématographique), le vrai coupable est assez vite démasqué... Un roman agréable donc, mais qui laisse par moments une impression de bâclé. Dommage, car on sait que l'auteur peut faire beaucoup, beaucoup mieux...

Citation

Le ciel est uniformément gris, la pluie régulière, lacampagne recroquevillée sur elle-même, le temps ralenti. Sensation de douceur.

Rédacteur: Thomas Bauduret mercredi 23 novembre 2011
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