Rouge est ma couleur

Étrange société que celle où l'on rejette la notion d'intimité, de vie privée, de solitude. De déroutante manière, les gens en venaient à payer pour fliquer ou être fliqués, dans chaque aspect, à chaque seconde de leur vie. Nul besoin d'un pouvoir coercitif pour l'imposer. Tous le réclamaient, le mettaient en place. Aucune civilisation antérieure n'était parvenue à ce résultat sans provoquer de puissants mouvements de rejet, de résistance ou de rébellion.
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samedi 17 novembre

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Bande dessinée - Noir

Rouge est ma couleur

Drogue - Corruption - Urbain MAJ vendredi 28 octobre 2011

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Marc Villard (scénario), Jean-Christophe Chauzy (dessin)
Scénario adapté de l'œuvre de Marc Villard
Paris : Casterman, septembre 2011
82 p. ; illustrations en couleur ; 26 x 19 cm
ISBN 978-2-203-03616-1
Coll. "Rivages/Casterman/noir"

Détachant urbain

Marc Villard n'a pas son pareil en France pour décrire dans de courts récits la saleté qui jalonne les villes. S'il fallait user d'un raccourci non éhonté, on pourrait d'ailleurs rapprocher ses romans de ceux de David Goodis tant l'urbain est au cœur des intrigues des deux auteurs. Jean-Christophe Chauzy ne s'y est d'ailleurs pas trompé au moment d'adapter en bande dessinée Rouge est ma couleur, car c'est la ville qui a le droit à toute une palette de couleurs débordantes voire dégoulinantes. Le reste n'est qu'une succession de bichromie ou de monochromes dans un découpage ingénieux où les personnages, tous aussi moches les uns que les autres, passent par toutes les positions.

Les amateurs de Marc Villard n'arpenteront aucun terrain inconnu avec cette bande dessinée tirée du roman éponyme de 1996. La dope, la musique, le désenchantement, la guerre des polices, les conflits familiaux pullulent. Dès le début, c'est d'ailleurs un sacré galimatias. David Nolane (on dénombre également un Robicheaux et un Montalban), flic déconfit de son état est en planque avec son second. Ce second qui baise la femme de Nolane va se faire baiser par un indic ripoux qui l'assaisonne au moment d'un flag. Nolane qui aimait son second est plus désespéré par sa perte que par la fuite de sa femme, qui a au moins un avantage : le retour au bercail de sa fille qui se fait soigner dans une clinique privée pour désintox (ce qui ne l'empêche pas d'avoir sa dose moyennant une petite pipe).

Évidemment, David Nolane va partir en croisade, évidemment, on va lui mettre des bâtons dans les roues. Dans le même temps, sa fille tente de s'en sortir, mais elle va être cruellement malmenée par la plume de Marc Villard, qui nous rappelle alors que la vie est crade, et que les principes indiens ont leur limite. C'est ce marathon de la vie avec ses accélérations et ses décélérations, que Chauzy dépeint merveilleusement avec un style qui lui est propre tout en symbolisant la parfaite harmonisation qui lie ces deux compères-témoins de la connerie de la vie, et de ses paradis bêtement artificiels. L'association allait de soi...

Illustration intérieure

Vrais truands, accro en détresse. Rupture totale dans l'image et dans l'esprit.


Citation

David Nolane et Carl Weissner, section stups du 18e arrondissement, patientent, comme seuls les flics savent le faire, dans une Clio banalisée.

Rédacteur: Julien Védrenne jeudi 27 octobre 2011
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