Rue Barbare

J'ai toujours eu de la conscience ; j'suis un misérable, c'est vrai ! un voleur, c'est vrai ! un assassin ! c'est encore vrai ! mais c'est pas une raison pour qu'on condamne un innocent !
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Roman - Noir

Rue Barbare

Social MAJ jeudi 20 novembre 2008

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 7,5 €

David Goodis
Street of the Lost - 1952
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Michel Lebrun
Paris : Rivages, octobre 1993
208 p. ; 17 x 11 cm
ISBN 978-2-86930-222-8
Coll. "Noir", 66

Chronique

Ruxton Street. Un enchevêtrement de maisons de passe sordides, de cafés miteux et de recoins ténébreux où il ne fait pas bon s'attarder. Des épaves à la recherche de cinq cents à dépenser dans des jeux de dés truqués y pullulent. Chester Lawrence a grandi dans cet univers. Il a jusqu'alors réussi à n'attirer ni les ennuis, ni l'attention des malfrats du quartier. Il lui a fallu, dès l'école, rester à distance d'une brute épaisse, Matt Hagen, qui viole et tue impunément. Alors pourquoi faut-il qu'il s'arrête auprès d'une Chinoise qui vient d'être agressée ? À partir de ce moment, parce qu'il a échangé des propos avec elle, il devient une menace pour l'Organisation et le gros Matt Hagen. Il faut courber l'échine ou fuir. C'est ce que lui recommandent Sam, un Noir qui tient un restaurant, et Bertha, la tenancière d'un tripot. Seulement Chet refuse de se faire marcher sur les pieds. Les coups pleuvent, les morts s'enchaînent, la violence est à son paroxysme et la rue devient alors une vraie jungle où seule la barbarie règne. Dans un monde de peur et de poings, Chet se retrouve vite esseulé.

Rue barbare est déjà paru en France aux éditions Clancier-Guénaud sous le titre Épaves en 1980. Il a été réintitulé du nom du film de Gilles Behat, sorti en 1983 avec Bernard Giraudeau. Le roman, traduit par Michel Lebrun, qui a voué sa vie à la littérature noire, est d'une violence inouïe. Il met surtout en avant le désespoir au quotidien d'une frange de la population d'une ville américaine, qui pourrait être Philadelphie. De Hagen, le gangster brutal, à la grosse Lillie, une pute vulgaire, en passant par Bertha et Sam, ce sont autant de personnages caractéristiques d'une Amérique des bas-fonds aux rêves de grandeur endeuillés qui sont mis en scène. C'est aussi une Ruxton Street jamais baignée par le soleil qui est dépeinte avec férocité par un David Goodis plus juste que jamais.

Citation

Une réputation, c'est comme un pneu de voiture. Ça roule, ça roule et un jour ça rencontre un clou.

Rédacteur: Julien Védrenne mercredi 16 juillet 2008
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