Golgotha

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jeudi 04 mars

Contenu

Roman - Noir

Golgotha

Social - Urbain MAJ mercredi 02 mars 2011

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 14 €

Leonardo Oyola
Gólgota - 2008
Préface de Carlos Salem
Traduit de l'espagnol (Argentine) par Olivier Hamilton
Paris : Asphalte, mars 2011
136 p. ; 18 x 13 cm
ISBN 978-2-918767-11-4
Coll. "Fictions"

Actualités

  • 14/04 Librairie: Leonardo Oyola au Golgotha
  • 04/03 Édition: Parutions de la semaine - 4 mars
    Beaucoup de parutions, mais bien peu de livres sur lesquels s’extasier, du moins en grand format. Les éditions Rivages explorent de temps en temps le polar historique, et cette Budapest la noire, de Vilos Kondor est de toute beauté ; Christian Bourgois avec le surprenant Illustrado, de Miguel Syjuco, se penche sur les raisons de la mort d'un auteur dans l'eau de l'Hudson. Meurtre ou suicide ? Une multiplication rigoureuse de styles dans un récit à nombreuses voies à des époques différentes.
    Mais les ouvrages au format poche proposent une tout autre variante. Langue pour tous propose des nouvelles bilingues de Chandler et Bloch, La Tengo avec Fractale, de Marin Ledun, se lance dans les pièces de théâtre noires et les éditions Asphalte nous promettent de gravir le Golgotha, de Leonardo Oyola. Bref... Que du bonheur :

    Grand format :
    L'Homme de Kaboul, de Cédric Bannel (Robert Laffont)
    Le Voleur d'âmes, de Ann Benson (Le Cherche Midi, "Thriller")
    Entre deux verres, de Lawrence Block (Calmann-Lévy, "Robert Pépin présente")
    Les Gardiens de l'obscur, de Bernard Carlier (Le Toucan, "Toucan noir")
    Faute de preuves, de Harlan Coben (Belfond, "Noir")
    Havre des morts, de Patricia Cornwell (Les 2 Terres, "Best-seller")
    Enquêtes de Solar Pons, de August William Derleth (Les Moutons électriques, "Bibliothèque voltaïque")
    Les Suicidés, de Antonio Di Benedetto (José Corti, "Ibériques")
    Frontières mouvantes, de Knut Falbakken (Le Seuil, "Policiers")
    Le Tueur de l'ombre, de Claire Favan (Les Nouveaux auteurs, "Thriller")
    Budapest la noire, de Vilmos Kondor (Rivages, "Thriller")
    La Rivière perdue, de Michael Koryta (Calmann-Lévy, "Robert Pépin présente")
    Le Mouroir aux alouettes, de Virginie Lauby (Ex aequo, "Rouge")
    La Verticale du fou, de Fabio M. Mitchell (Ex aequo, "Rouge")
    Lune trompeuse, de Ben Pastor (Actes sud, "Actes noirs")
    La Dernière toile de Vincent Van Gogh, de Jean-Luc Piette (Confluences)
    Impact, de Douglas Preston (L'Archipel, "Les Maîtres du suspense")
    Bad boy, de Peter Robinson (Albin Michel, "Spécial suspense")
    Nephilim, de Asa Schwarz (Presses de la Cité, "Sang d'encre")
    Installation, de Bragi Steinar (Métailié, "Bibliothèque nordique")
    Illustrado, de Miguel Syjuco (Christian Bourgois, "Littérature étrangère")

    Poche :
    Les Aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour. 3, Londres, 1200, de Jean d'Aillon (J'ai lu)
    À vous de tuer = To Kill Or Not To Kill, de Robert Bloch & Patrick Quentin (Langues pour tous, "Littérature")
    Les Ennuis, c'est mon problème = Trouble Is My Business, de Raymond Chandler (Langues pour tous, "Littérature")
    Sans laissr d'adresse, de Harla Coben (Pocket, "Thriller")
    Angle obscur, de Reed Farrel Coleman (Points, "Roman noir")
    Les Lieux sombres, de Gillian Flynn (LGF, "Thriller")
    La Poubelle pour aller danser, de Philippe Huet (Baleine, "Le Poulpe")
    Une mort esthétique, de Phyllis Dorothy James (LGF)
    Les Ombres silencieuses, de Mari Jungstedt (LGF, "Policier")
    Fractale, de Marin Ledun (La Tengo, "Pièces à conviction")
    Cadres noirs, de Pierre Lemaître (LGF, "Thriller")
    13 Heures, de Deon Meyer (Points, "Policiers")
    Golgotha, de Leonardo Oyola (Asphalte, "Fictions")
    La Valse des gueules cassées, de Guillaume Prévost (10-18, "Grands détectives")
    On ne peut pas tout avoir, de Ruth Rendell (LGF, "Policier")
    Filiation du crime, de Nora Roberts (J'ai lu)
    Toutes les couleurs des ténèbres, de Peter Robinson (LGF, "Policier")
    Le Destin du colporteur, de Kate Sedley (10-18, "Grands détectives")
    L'Enfant des cimetières, de Sire Cédric (Pocket, "Best")
    Loser, de Jason Starr (Rivages, "Noir")
    Des rats et des hommes, de Tito Topin (Rivages, "Noir")
    Liens : Les Lieux sombres |Cadres noirs |13 Heures |Toutes les couleurs des ténèbres |Entre deux verres |Budapest la noire |Londres 1200 |La Valse des gueules cassées |Jean d'Aillon |Robert Bloch |Lawrence Block |Raymond Chandler |Knut Faldbakken |Claire Favan |Gillian Flynn |Michael Koryta |Marin Ledun |Pierre Lemaitre |Deon Meyer |Leonardo Oyola |Ruth Rendell |Peter Robinson |Kate Sedley | Sire Cédric |Jason Starr |Tito Topin |Phyllis Dorothy James

Le presque bon, la presque brute et le truand

Carlos Salem l'explique dès la préface : ne comptez pas sur ce livre pour caresser le cliché du Buenos Aires où l'on danse le tango à chaque coin de rue. Ici, on est dans le concret, le dur, le sale, le Buenos Aires qui tâche et qui fait mal. D'ailleurs pas exactement Buenos Aires, plutôt dans l'une de ses villas miserias, du côté de Scasso, aménagée de telle sorte que les flics ne puissent pas y entrer et que ceux qui y sont nés n'en sortent jamais réellement. À moins de devenir flic. C'est le cas de Román qui bosse avec Lagarto le vieux de la vieille à la peau dure, aux mains bagarreuses et au reflet abîmé dans le miroir du Tiens moi le gamin, ce bar où il vient descendre quelques coups parce qu'il n'a pas de famille, parce qu'il y a ses habitudes, parce que ce bar fait partie de sa vie.

Golgotha raconte ce fragile équilibre entre Scasso et les autorités qui ferment les yeux. "Ah ! Je ne me considère pas non plus un âne. Pire que ça. Je suis flic. Et je suis habitué à me taire, à regarder ailleurs, à faire celui qui n'entend pas." Jusqu'à ce qu'on ne puisse plus fermer les yeux. Un fait divers qui pourrait paraître anodin, pour terrible qu'il soit : Après un avortement raté, Olivia meurt dans les bras de sa mère qui, ne supportant pas la douleur, se pend chez elle. Pour Román, il y a un responsable qui n'est autre que l'un des caïds de Scasso. Se venger, ne pas se venger, ouvrir les yeux, prendre le risque de tout perdre, se résigner ou donner un coup de pied dans la fourmilière... Questionnaire à choix multiples où il n'y a pas de bonne réponse.

Leonardo Oyola parvient à raconter un monde en à peine cent trente-cinq pages. Un événement et tout ce qui en découle, une sorte de battement d'aile du papillon, mais un papillon qu'on aurait cloué sur une planche et de qui on aurait exigé qu'il revienne en arrière. Dans ce western urbain, on crie vengeance, on demande du sang et on verse le sien. Leonardo Oyola décrit tout cela à la première personne, grâce à la voix de Lagarto qui raconte cette histoire comme on clame un poème désespéré. On suit ses rêves brisés, comme le miroir qui lui renvoie l'image d'un homme qu'il ne reconnaît pas, on suit ses croyances en un saint Georges protecteur des policiers qui se heurte au San la Muerte vénéré des délinquants. Au final, un livre étonnant, un fait divers qui se déverse et emporte tout sur son passage, une chronique de la violence, une histoire des désespoirs racontée avec la rage des misérables et la sobriété des résignés. Et ce rythme lancinant qui laisse monter la tension jusqu'aux dernières pages, ces dernières pages asphyxiantes dont on regrette pourtant qu'elles arrivent si tôt.

Citation

Ils jouaient à tuer ou à mourir. C'était comme un jeu de morpions où personne ne gagne.

Rédacteur: Gilles Marchand lundi 07 mars 2011
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