En ce sanctuaire

J'avais une chienne dans ma cour, Machka qu'elle s'appelait. Elle était en chaleur. J'ai dit à Nikita que je le relâcherais s'il tringlait la chienne. Eh bien, il l'a tringlée.
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Contenu

Roman - Noir

En ce sanctuaire

Hard boiled - Urbain MAJ vendredi 03 décembre 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 14,5 €

Ken Bruen
Sanctuary - 2008
Traduit de l'anglais (Irlande) par Pierre Bondil
Paris : Gallimard, octobre 2010
200 p. ; 23 x 16 cm
ISBN 978-2-07-012576-0
Coll. "Série noire"

God save the Ken

Jack Taylor, détective privé de son état, reçoit une lettre étrange égrenant une courte liste de personnes qui ne tardent pas à mourir les unes après les autrs. Pourquoi a-t-il reçu cette liste ? Quel mystère recèle-t-elle ? Entre ses démons personnels et la ville dont il semble connaître tous les habitants, Jack Taylor a bien du mouron à se faire.
Ken Bruen est à présent bien connu des amateurs pour ses deux séries policières noires mettant en scène la vie irlandaise et ses remous. Si l'une est plus centrée sur la figure du policier, En ce sanctuaire met en avant l'autre personnage récurrent de l'auteur : Jack Taykor. Digne fils de Marlowe, c'est un détective privé qui a érigé le cynisme en art de vivre, un cynisme qui cache mal son empathie naturelle avec le monde. Pour occulter tous ces faux-semblants qui empoisonnent sa vie, Jack Taylor se détruit par tous les moyens possibles : il use des alcools forts, qu'il ponctue de séances de désintoxication, histoire de reprendre encore plus fort ; il avale médicaments et drogues dures comme d'autres des pastilles Vichy ; il se met en délicatesse avec son ancien supérieur hiérarchique, resté dans la police et qui a les moyens de lui en faire voir de toutes les couleurs. Il cultive la rancune et le masochisme à un degré inégalé dans le roman noir. Dans ce volume, alors qu'il est censé faire ami-ami avec un policier, une fois que se sont arrangés certains malentendus, il le frappe sauvagement.
Centré sur le détective, l'intrigue n'est qu'un prétexte - ici, réussi - pour nous entraîner sur les pas du personnage central, dans sa longue dérive, décrite avec un soin extrême du détail, ne s'arrêtant pas seulement la joie alcoolique mais également et plus longuement sur ses lendemains. Le tueur mystérieux est dévoilé rapidement mais son ombre sinistre et secrète plane tout au long du roman comme le remords d'autres affaires irrésolues ou mal conclues. Des intrigues parallèles sont esquissées - la recherche d'un poney, la lutte avec le chef d'un groupe anti-homosexuel -, des personnages récurrents (un prêtre ancienne manière, une policière lesbienne) viennent faire un petit tour puis repartent dans l'anonymat de la ville.
En ce sanctuaire pousse dans ses conséquences les plus justes et noires le récit sombre du détective privé, privé de tout, dans sa ville, en proie à ses démons aussi grands que ceux qu'ils pourchassent ou que ceux qui gangrènent la ville entière.


On en parle : La Tête en noir n°148

Citation

Quand ma vision s'éclaircit et que la douleur s'atténua un peu entre mes jambes, je réussis à distinguer deux pourritures de flics, c'est aux godasses qu'on les reconnait ces enfoirés.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 01 décembre 2010
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