Meurtre en la majeur

Les gars étaient comme des fous, ce n'étaient plus des hommes, des gosses, des ados, l'odeur du fric leur avait grillé le cerveau. Ils ne deviendraient jamais des hommes, c'était trop tard. Tard le soir, lorsqu'ils lisaient des histoires dans leur pieu, ils crachaient sur le Petit Poucet, violaient le Petit Chaperon Rouge et boulottaient le corbeau et ce putain de camembert. Le loup les avait bouffés, il avait bouffé leur âme. Le loup était plus grand, plus fort et plus dangereux.
Jacques Olivier Bosco - Loupo
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

1994
Il est très symbolique que le troisième roman d'Adlène Meddi s'ouvre et se clôture par une scène ...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

mercredi 21 novembre

Contenu

Roman - Policier

Meurtre en la majeur

Historique - Musique MAJ vendredi 03 septembre 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Morley Torgov
Murder in A-Major - 2008
Traduit de l'anglais (Canada) par Laurent Bury
Arles : Actes Sud, février 2010
312 p. ; 19 x 13 cm
ISBN 978-2-7427-8789-0
Coll. "Actes Noirs"

Et si vous croisiez Schumann, Brahms et Lizt à un coin de rue ?

Düsseldorf, ville de musique. Robert et Clara Schumann y résident. La cité allemande se veut concurrente de Hambourg. La police doit veiller à ce que la ville garde une bonne réputation. L'inspecteur Hermann Preiss, musicologue averti et médiocre musicien, est appelé par un Robert Schumann agacé par un la qui résonne faux dans sa demeure. D'ailleurs, Frantz Liszt ne manquera pas de le souligner lors d'une soirée où il ne sera pas le dernier des mufles. Très vite, Preiss pressent un complot : "Pas de pistolets fumants, pas de poignards sanglants, pas de lettres anonymes. Il n'y a rien qu'un possible dément qui affirme entendre une certaine note de musique dans des lieux étranges et à des moments étranges". Quand le cadavre d'un maitre chanteur apparaît, Preiss tient enfin son enquête officielle mais devient sujet à la pression de sa hiérarchie. Heureusement pour lui, son amie, la violoncelliste Helena enquête à sa manière.
Morlev Torgov plante son décor dans une ville où il est difficile de ne pas croiser un maestro lorsque l'on part acheter son pain. Ici, Brahms, Liszt, Robert et Clara Schumann. Robert qui vient de franchir le seuil de la folie pendant que Brahms hésite entre passion charnelle et composition. Toute une gamme de personnages secondaires viennent perturber la belle symphonie. Parmi ceux-ci, Hupfer, l'accordeur, qui finira par faire fortune dans le cirque Magnum outre-Atlantique. Enquêteur besogneux, Preiss sera lui témoin d'un drame de l'existence. Mais Morlev Torgov, en dehors de son intrigue qui colle peu ou prou à la fiction réussit à nous faire vivre dans cette ville de Hambourg, dans les beaux quartiers, avec une Düsseldorf qui ne prétend pas rivaliser avec les prostituées de Hambourg, avec un certain talent, et une écriture fluide et harmonieuse. Il est difficile de lâcher ce roman tant les personnages, que l'on connait des siècles après, nous sont attachants et apparaissent alors non pas comme les génies musicaux qu'ils sont devenus, mais comme des personnes à multiples failles. Un roman à lire en écoutant Schumann, Brahms ou Lizt – aficionados de Clara, faites votre choix !

Citation

- Mais je vous préviens, monsieur, ce que vous allez découvrir ne vous plaira guère.
- Ce que je découvre ne me plaît jamais.

Rédacteur: Julien Védrenne dimanche 29 août 2010
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page