Les Monstres

Quelque chose continuait cependant à lui échapper dans toute cette histoire. Comme si plusieurs ruisseaux n'étaient pas encore parvenus à rejoindre le fleuve, ayant même disparu pour toujours dans les méandres de la Terre, là où personne ne pourrait jamais plus les apercevoir.
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jeudi 21 octobre

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Roman - Noir

Les Monstres

Social - Huis-clos - Artistique MAJ mardi 13 avril 2021

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23 €

Charles Roux
Paris : Rivages, janvier 2021
604 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-7436-5190-9
Coll. "Littérature francophone"

Dîner spectacle

Pour une fois, votre humble chroniqueur (c'est moi) ne va pas céder à l'exercice habituel du résumé. Comment réduire à quelques phrases un roman qui se compose majoritairement de ces "flux de pensée" chers à James Joyce, et tellement décriés par une partie des literari en étant encensés par d'autres ? Donnons quand même un contexte : le tout se déroule dans une grande capitale sous l'occupation d'un monstre insaisissable laissant derrière lui des cadavres (monstre dont on se doute qu'il s'avèrera métaphorique). Dans cette ville, David, le Golden Boy revenu de tout et Alice, l'enseignante en pleine crise de vocation, n'auraient jamais dû se croiser, mais les rencontres ne sont-elles pas forcément aléatoires ? Ils seront réunis avec d'autres convives triés sur le volet pour une soirée dans un restaurant éphémère tenu par un chef, une serveuse et un maître d'hôtel qui ont la particularité d'être une seule et même personne : Dominique, comédien transformiste lunaire qui n'est pas tant un transsexuel qu'un Janus qui se rêve en sorcière. Car cette soirée n'est pas comme les autres dans ce restaurant de mensonges qui, paradoxalement, vise à dévoiler la vérité des êtres... On le voit, on est loin du tout-venant, Charles Roux, l'auteur, se permettant d'apostropher ses personnages et même le lecteur est bousculé dans son ronron médiatique. Sans trop déflorer, on se permet même une escapade vers cette littérature de l'insurrection très actuelle dont l'épitome est bien sûr le séminal Les Renards pâles, de Yannick Haenel. Que du bon donc ? Non, car comme bien des primoauteurs (et pas seulement), Charles Roux ne peut résister au besoin de noircir de la page au point de se répéter : des coupes auraient allégé la sentence sans pour autant trahir la substantifique moelle et la métaphore du récit. Un roman à part donc, qui par définition ne pourra pas plaire à tout le monde. Mais ce n'est pas fait pour, et donc ça s'avère indispensable par définition...

Citation

Tout de même, il s'apprête à délivrer une sacrée performance. D'abord, il va devoir se montrer au sommet de ses talents de transformiste, passant le plus rapidement possible de maître d'hôtel à serveuse. Ensuite, il lui faudra tout à la fois accueillir ses convives, apporter les entrées, discuter avec les clients, conseiller les vins, les ouvrir, débarrasser, servir les plats, s'assurer que personne ne manque de rien, recommencer pour les desserts.

Rédacteur: Thomas Bauduret mardi 13 avril 2021
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