Le Rouge et le brun

L'inspecteur Duckworth aurait voulu que les crimes soient mieux répartis dans le temps.
Linwood Barclay - Faux amis
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Aucune terre n'est promise
Écrivain de polar et de fantasy ayant connu un succès modéré, Lior Tirosh fuit les ruines de son mariage ...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

jeudi 13 mai

Contenu

Roman - Noir

Le Rouge et le brun

Politique - Historique - Social MAJ lundi 08 mars 2021

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Maurice Attia
Paris : Jigal, février 2021
296 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-37722-105-9
Coll. "Polar"

Recoupements de l'Histoire

L'histoire se passe en 1978. Paco Martinez est un ancien policier devenu journaliste. Éclate alors en Italie l'affaire Aldo Moro (pour les plus jeunes, c'est un dirigeant politique italien qui a été enlevé par les Brigades rouges et qui risque d'être assassiné). Martinez parvient à se faire engager pour couvrir l'affaire. À peine a-t-il débarqué à Rome qu'il rencontre la belle Léa Trotski... Cette dernière, très au fait des aspects politiques de son pays, lui offre des informations importantes, puis son corps. En le quittant sur son scooter, elle est victime, sans trop de dommages, d'un accident. Tandis que Paco Martinez continue à s'occuper de l'affaire, son ancien instinct de flic lui susurre d'enquêter sur l'accident car, bizarrement, il a revu une voiture identique à celle de l'accident. Et derrière le volant, l'amant "officiel" de Léa Trotski... De temps à autre, il appelle Irène, sa compagne restée en France. Or celle-ci, même si elle se pose des questions sur la fidélité de son Paco, est surtout intéressée par une histoire familiale : elle vient de découvrir dans le grenier un "roman" écrit par son grand-père, qui relate un fait divers de la fin du XIXe siècle, un fait divers qui troubla les milieux de la droite française, le fort Chabrol. Il s'agissait d'un groupe antisémite qui publiait un journal fort lu et qui se retrancha pour éviter l'arrestation de son chef dans les locaux dudit journal, donnant lieu à un long siège en pleine capitale.
Avec Le Rouge et le brun, de Maurice Attia, nous allons donc suivre une première partie plus centrée sur les péripéties de Paco Martinez à Rome, avec des inserts qui essaient de restituer les pensées d'Aldo Moro et de sa captivité, avec des précisions historiques et politiques, et une enquête sur l'accident de Léa Trotski. Puis le récit sera dans une deuxième partie plus consacré à la lecture du roman par Irène, et la façon dont elle tente de lier cette histoire qu'elle ne connait pas, avec les propres destins de son grand-père qui aurait écrit de manière détournée, sur sa propre vie. Un final, revient même sur un petit reportage où Paco Martinez redécouvre une affaire liée à la résistance. Ces trois récits, qui auraient pu constituer trois nouvelles, ici reliés parce qu'ils se déroulent temporellement en même temps (l'année 1978), et qu'ils évoquent trois affaires (1899, 1944 et 1978) qui se répondent - enjeu du politique, des idéologies mortifères qui ont contaminé le monde occidental. À travers ces trois affaires, qui montrent plutôt l'idéologie sous un angle tragique, mais surtout à la limite du ridicule - les terroristes italiens apparaissent comme des fantoches coincés par le mécanisme qu'ils ont eux-mêmes enclenchés, le groupe antisémite qui résiste dans son fort Chabrol est plutôt ridiculisé (les forces républicaines aussi) par cette action qui se voudrait d'éclat mais qui finit en eau de boudin. Il en est de même entre collaboration et résistance dans les dernières pages, qui sont surtout des problèmes de personnes et de petites vengeances mesquines. Mais Maurice Attia parvient, avec intelligence et force, à les reconstruire dans un univers individuel, à travers les destinées de personnes concrètes, de raisons familiales, d'émancipation amoureuse, bref à l'intérieur de vraies vies comme si, derrière ces idéologies mortifères et l'emprise qu'elles peuvent avoir, subsistait cependant la vitalité de l'humanité.

Citation

Je me suis rendu ensuite à l'angle de la via Mario Fani et de la via Stresa. Là où Aldo Moro avait été enlevé. Le coin était tranquille, occupé par un kiosque à fleurs cerné de petits immeuble de trois étages, bordés d'arbres.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 08 mars 2021
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page