Ultra Violette

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Roman - Noir

Ultra Violette

Psychologique - Enquête littéraire - Faits divers MAJ mercredi 03 mars 2021

Note accordée au livre: 2 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 7,5 €

Raphaëlle Riol
Rodez : Le Rouergue, mars 2021
224 p. ; 18 x 12 cm
ISBN 978-2-8126-2184-0
Coll. "La Brune en poche"

Moi, Violette et moi

Comme l'auteure le précise dès le début, ceci est une "fiction librement inspirée de faits réels". C'est un très joli livre souple dont l'agréable papier profite d'une belle maquette. On doit donc l'inclure dans la catégorie "Romans" et non "Documents" bien que l'auteur ait entrepris des recherches pointues. Recherches qui, au bout d'un moment, ont dû déclencher son inspiration de romancière. Et si je racontais ma douleur d'écrire sur cette douleur ? Les relations intimes qui se tissent entre ce personnage qui a existé, ce moi ancien et meurtrier et mon moi à moi ?
Depuis quelque temps, en effet, les frontières deviennent floues entre les documents true crime et les expériences à partir d'affaires criminelles. David Grann s'y immisçait très bien à ses débuts avec un discret je. Mais la tendance psy est devenue plus lourde et l'implication de l'auteur a suivi le mouvement. Du coup, l'auteure y ajoute souvent désormais une touche biographique voire, comme ici, une vision plus ou moins romancée. L'auteure se cite, et parfois même se met en scène, généralement sous le prétexte, justement, de ses recherches. On l'a vu par exemple dans HhHH de Laurent Binet ou Constellation d'Adrien Bosc, et bien d'autres encore. Ici, Raphaëlle Riol part donc sur les traces de Violette Nozière (elle va voir son appartement familial, par exemple, et se désole que personne n'ait conscience de son histoire tragique). Violette, au début des années 1930, à dix-sept ans seulement, empoisonne père et mère pour mener une vie libre et débauchée. Elle n'enterre que son père mais va devenir, lors de son procès très médiatisé, une icône pour les Surréalistes de la liberté face au carcan parental. Est-ce pour capter un peu de cette gloire que notre romancière se lance à corps perdu dans ce livre ? On ne va pas limiter notre propos à cet argument facile, non. C'est plutôt d'une possession qu'il s'agit : le fantôme de Violette se met à hanter notre auteure, qui lui parle, qui rêve d'elle, qui la voit s'installer dans son bureau, qui la voit même prendre partie dans ses échanges sur Facebook (la romancière ayant créé un profil sous le nom de "Violette Nozière"). Mais, à trop s'approprier Violette, Raphaëlle Riol se brûle les ailes. Un chapitre à peine croyable nous relate par le menu comment notre romancière rate sa dernière relation sexuelle avec son amant, provoquant son départ. Elle ne peut plus faire l'amour. Avec ses histoires facebookiennes, on touche le fond. Elle est Violette. Quelques fois, elle ne l'est plus, mais elle la voit. Elles se disputent. Violette écrit même à sa place. Raphaëlle peut ainsi librement délivrer au fil des pages ses interpellations avec force tutoiement. Incantations ? Délire mental ? Pas tout à fait car notre romancière garde quand même à l'esprit qu'elle est justement une romancière et qu'il faut faire de la littérature... Au final que reste-t-il de cette logorrhée sans doute féministe où les belles phrases truffées de je et de tu s'avèrent quelque peu vaines, le je, finalement, passant au premier plan ?

Citation

Les curieux pouvaient voter ou conseiller.
C'est à compter de ce jour que le nombre de ses fans a explosé sur sa page. Je les ai incités à me faire don de leurs idées. Les gens ont réclamé des photos du meurtre, l'insultaient ou la défiaient. Ils proposaient des tactiques, suggéraient des procédés.
Et rapidement, ça m'a dépassée.

Rédacteur: Michel Amelin mercredi 03 mars 2021
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