L'Ombre de Gray Mountain

Ta carte de visite était dans la poche de la victime. J'ai pensé la laisser à portée de mes hommes mais je me suis rappelé mes dettes envers toi et j'ai décidé de t'épargner un mauvais moment. Je t'estime malgré tes insolences.
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Roman - Policier

L'Ombre de Gray Mountain

Économique - Social - Procédure - Finance MAJ mercredi 20 mai 2015

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,9 €

John Grisham
Gray Mountain - 2014
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Dominique Defert
Paris : Jean-Claude Lattès, mars 2015
476 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-7096-4658-1

Retour à la terre

Nous sommes en 2008 à New York, et la crise frappe avec la puissance d'un avion jeté sur une tour... L'avocate Samantha Kofer, employée par un cabinet de Wall Street, croyait sa carrière toute tracée, lorsqu'elle se retrouve soudainement au chômage. Sa seule chance est de laisser passer l'orage en travaillant dans un centre d'aide juridique pendant un an, après quoi elle pourra retrouver son poste, et plus si entente. La voilà débarquant à Brady, Virginie, pour découvrir les mille et uns ennuis de la Plouquie des vrais gens — et notamment les mineurs empoisonnés sciemment par les compagnies charbonnières. Gare à qui prend la défense du pot de terre contre le pot de fer...
Il y a décidément une alchimie typique de John Grisham, qui fait que l'auteur est capable de nous passionner avec des histoires minimalistes, comme dans son précédent, le très honorable L'Allée du sycomore. Pourquoi ? Tout simplement parce que ses personnages donnent toujours l'impression d'être des vrais gens, pas de simples caractères de papier, dont on suit l'itinéraire avec intérêt, même dans les petits détails de leur vie quotidienne. Cette histoire d'une avocate volontaire sortie tout droit d'un épisode de Friends mise au contact avec les "vrais gens" aurait pu virer à la caricature de mille façons, mais l'auteur garde son cap et la crédibilité du postulat, remisant misérabilisme comme gaudriole, leur préférant l'humanisme qui imprègne son œuvre. En cela, sa dénonciation très Erin Brockovich des compagnies minières s'arrête juste au moment de sombrer dans le didactisme lourdingue. On peut regretter une conclusion un rien cousue de fil blanc, loin de celle, éblouissante, du roman précédent de l'auteur, et il est sûr qu'on est loin de la grande époque de La Firme ou Le Client, mais ce diable d'homme a encore réussi à captiver sur près de cinq cents pages avec des petits riens du quotidien et des vrais gens. Un alchimiste, on vous dit.

Citation

Dès qu'une compagnie minière a le feu vert, c'est de la folie. Elle ne pense qu'au charbon, rien d'autre ne compte. Ils détruisent tout sur leur passage : les forêts, le bois, la faune, la flore. Et ils éliminent quiconque se met en travers de leur chemin — les propriétaires, les habitants, les inspecteurs du travail, les politiciens et surtout, bien sûr, les contestataires et les écologistes. C'est une véritable guerre et on ne peut pas être neutre.

Rédacteur: Thomas Bauduret mardi 19 mai 2015
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