Le Dragon du Trocadéro

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jeudi 15 novembre

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Roman - Policier

Le Dragon du Trocadéro

Historique - Énigme - Assassinat MAJ lundi 16 juin 2014

Note accordée au livre: 5 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 8,8 €

Claude Izner
Paris : 10-18, mars 2014
360 p. ; 18 x 11 cm
ISBN 978-2-264-05468-5
Coll. "Grands détectives", 4782
Les enquêtes de Victor Legris, 12

Ce qu'il faut savoir sur la série

Les enquêtes de Victor Legris débutent en juin 1889, alors que l’Exposition Universelle bat son plein. La tour Eiffel, qui vient d’être inaugurée, en est la principale attraction. Victor est libraire rue des Saints-Pères. Passionné par son métier, il est également attiré par la photographie naissante et par la résolution d’énigmes. Il devient enquêteur pour protéger Kenji, son associé, qu’il considère comme son père.
Pour cette série, forte en 2009 de huit volumes, les auteurs s’appuient sur des faits divers étranges, en général étonnants mais réels, qui nourrissent une intrigue, d’une excellente facture, impliquant de près ou de loin des proches de Victor. Parallèlement à ces enquêtes, Claude Izner développe une véritable saga domestique avec une augmentation significative du microcosme familial. Chaque livre est aussi le prétexte pour explorer un quartier pittoresque, pour en faire une visite très documentée. Cette série se distingue par la qualité et la précision quant à la reconstitution de l’époque, par la richesse des descriptions. Le style, l’écriture, la richesse du vocabulaire et des images lui donnent une tonalité particulière, une authenticité peu commune.

Adieu Victor !

Avec ce nouvel opus, le duo de romancières, qui signent Claude Izner, proposent le douzième et dernier volet des aventures de Victor Legris, libraire de son état, enquêteur par passion. Ce n'est pas une surprise, même si on a oublié que ces talentueuses romancières avaient, dès le début, annoncé qu'elles bornaient leur saga par les deux Expositions Universelles de Paris en 1889 et 1900. Mais, il est vrai que la valeur du Dragon du Trocadéro fait regretter cette décision.

L'action débute alors qu'Ichirô Watanabe parcourt l'Exposition en compagnie d'Isamu, un cousin tombé du ciel depuis une quinzaine de jours. Mais, ledit cousin, marin sur un navire de commerce, ne supporte plus la logorrhée verbale d'Ichirô. En effet, celui-ci le noie sous les chiffres et informations tant sur l'Exposition, et son faste, que sur Paris.
Dans la foule, on glisse un papier dans la main d'Isamu. Sa lecture le terrorise. Il tente de fuir, jusqu'à ce qu'il s'écroule, touché mortellement en plein cœur par... une flèche.
Ichirô se précipite à la librairie Elzévir pour demander l'aide de Kenji Mori. C'est Victor qui le reçoit. En écoutant son récit, l'instinct d'enquêteur de ce dernier se réveille.
Comme Ichirô ne veut pas rentrer chez lui, Victor et Joseph se chargent de lui rapporter sa literie. Quand ils arrivent, ils trouvent le modeste logement sens dessus-dessous.
Quelques jours plus tard, un Anglais est retrouvé, dans une chambre d'hôtel au Trocadéro, avec une flèche empennée d'une plume rouge dans la poitrine. Les deux limiers se jettent alors, à corps perdu, dans leur enquête. Cependant, ils sont loin de se douter des ramifications de cette affaire, la nature des protagonistes qu'ils vont devoir affronter.

Avec ce nouveau roman, qui se débute en juillet 1900, les romancières proposent la visite approfondie du quartier du Trocadéro, qui, lors de l'exposition, a accueilli nombre des attractions. Pour cette nouvelle enquête, elles étendent leur champ d'action et tissent des ramifications jusqu'aux États-Unis, intégrant des éléments de criminalité qui préfigurent la mondialisation des délits. Elles n'hésitent pas à mettre les enquêteurs, et leur famille, en grand danger, allant très loin dans ce domaine.

Avec la brillante galerie des personnages constituée, et étoffée peu à peu, autour d'un clan familial, elles développent, avec une grande justesse de ton, les liens, les affinités, les ressentiments qu'on peut observer parmi les membres d'un microcosme. Elles font également, passer leur amour des livres, leurs connaissances des arts de cette époque. Astucieusement, elles ont créé avec Ichirô, un fou de chiffres et de statistiques qui leur permet de faire passer de façon ludique nombre d'informations sur l'époque.

On peut comparer ce duo d'auteures aux meilleurs historiens quant à la description de la dernière décennie du XIXe siècle, tant elles ont su nourrir leurs passionnantes intrigues des faits de société, des répercussions des décisions politiques, des grandes mutations sociales. À la lecture de cette saga, avec le foisonnement des détails sur l'existence quotidienne, on a le sentiment d'avoir vécu cette époque, d'en être presque un acteur. Si tous les Jules Michelet, Frank Funck-Brentano, et autres historiens entrés au Panthéon du genre, avaient connu leur manière de raconter, d'intégrer les données historiques dans un contexte dynamique, nul doute que leurs ouvrages auraient été plus accessibles, plus attractifs.

Elles ont brossé, en douze opus, une épopée du quotidien, une fresque grandiose qui s'inscrit, comme un ouvrage d'art singulier, dans le paysage littéraire.
Avec Le Dragon du Trocadéro, elles offrent un récit épatant, mené avec art, par des virtuoses du roman policier historique.

Citation

Recroquevillé entre le bidet et la baignoire, un homme la contemplait de ses yeux révulsés, les lèvres retroussées sur les gencives. Une rigole vermillon imbibait sa chemise, une flèche empennée d'une plume rouge lui trouait la poitrine.

Rédacteur: Serge Perraud jeudi 27 mars 2014
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