La Mort s'invite à Pemberley

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Livre sonore - Policier

La Mort s'invite à Pemberley

Enquête littéraire - Assassinat MAJ mercredi 27 mars 2013

Note accordée au livre: 3 sur 5


Réédition

Tout public

Prix: 23,9 €

Phyllis Dorothy James
Death Comes to Pemberley - 2011
Guila Clara Kessous (lecteur)
Traduit de l'anglais par Odile Demange
Paris : Audiolib, janvier 2013
1 CD MP3 19 x 14 cm
ISBN 978-2-35641-563-9

Actualités

  • 27/11 Nécrologie: Disparition de P. D. James
  • 01/06 Édition: Parutions de la semaine - 1er juin
    Jane Austin a toujours autant le vent en poupe. Alors qu'Arte diffusera les jeudi 7, 14 et 21 juin à 20 h 35 une mini-série en 6 X 50 minutes d'Orgueil et Préjugés dans le cadre de "L'Été des sentiments", un cycle que la chaine germano-française consacre à la romancière britannique, c'est au tour de Phyllis Dorothy James, avec La Mort s'invite à Pemberley d'y aller de son hommage avec une "suite criminelle" à l'un des romans les plus incisifs de son époque. C'est assurément le roman de la semaine.
    Une semaine également placée sous le signe de la réédition avec deux ouvrages que réapparaissent en grand format. Aux Presses de la Cité d'abord pour Charles MacLean et son De peur que les ténèbres ne tombent, un thriller écrit dans les années 1980, et qui lui assura un statut d'auteur phénomène. Plus de trente années après un premier passage chez le même éditeur, le livre n'a pas pris une ride. Il sera prochainement chroniqué en nos pages. L'auteur a même été rencontré dernièrement, et une interview en a découlé. Et puis last but not least, La Manufacture des livres a récupéré un roman initiallement paru au Fleuve noir, Kill kill faster faster, de Joel Rose. La traduction de ce texte très écrit a été entièrement revue. Là aussi, une chronique sera bientôt présente sur k-libre.
    Pour les autres parutions, comme maintenant vous en avez l'habitude, faites votre choix !

    Grand format :
    Coup de pub, de Pieter Aspe (Albin Michel)
    Mortelle vengeance, de Fabrice de Caupenne (Les Nouveaux auteurs)
    L'Ouest barbare, de Jean-François Coatmeur (Albin Michel, "Spécial suspense")
    Les Larmes d'Aral, de Jérôme Delafosse (Robert Laffont, "Best-Sellers")
    7 morts sans ordonnance, de Thierry Dufrenne (Ex æquo, "Rouge")
    Petits meurtres chez ces gens-là, de Dulle Griet (Presses de la Cité, "Domaine français")
    Un privé en montagne, de Dominique Edler (Pythagore)
    Secrets enfouis, de Josaph Finder (Albin Michel, "Thriller")
    Les Violents de l'automne, de Philippe Georget (Jigal, "Polar")
    Le Couvent des ombres, de Lisa Jackson (Mosaïc)
    La Mort s'invite à Pemberley, de Phyllis Dorothy James (Fayard, "Policiers")
    Mort-en-direct.com, de John Kazenbach (Presses de la Cité)
    La Vallée des secrets. 1, Le Jeu, de Krystyna Kuhn (City, "Young adults")
    Réseau d'État, de Hugues Leforestier (Jigal, "Polar")
    Les Spellman contre-attaquent, de Lisa Lutz (Albin Michel)
    De peur que les ténèbres ne tombent, de Charles MacLean (Presses de la Cité, "Sang d'encre")
    Cruising with death, de Kathy O'Connor (Ex æquo, "Rouge")
    La Piste du tigre, de James Patterson (Jean-Claude Lattès, "Suspense et Cie")
    Eddy Proy : la véritable histoire, de Roger Perron (EDK, "Pluriel de la psyché")
    Kill kill faster faster, de Joel Rose (La Manufacture de livres)
    Nuit monstre, de James Swain (City, "Thriller")
    La Mécanique des geishas, de Fabrice Vanneste (EDD Strapontins)
    Parjures, de Gilles Vincent (Jigal, "Polar")

    Poche :
    Dans l'ombre de la ville, de James Conan (LGF, "Policier")
    Les Bras de la nuit, de Frédéric Dard (Pocket, "Thriller")
    Culbute dans le calbute : roman précieux, de Patrice Dard (Fayard, "Littérature française")
    San-Antonio s'envoie en l'air : roman de haut vol, de Patrice Dard (Fayard, "Littérature française")
    La Vengeance du Mysterium, de Paul Charles Doherty (10-18, "Grands détectives")
    Sorry, de Zoran Drvenkar (LGF, "Thriller")
    Franco est mort jeudi, de Maurice Gouiran (Jigal, "Poche polar")
    Les Cadavres n'ont pas froid aux yeux, d'Andrea H. Japp (Marabout, "Fiction")
    Naufrages en eaux troubles : baie de Saint-Brieux, d'Alain Lozac'h (Astoure, "Breizh noir")
    658, de John Verdon (LGF, "Thriller")
    Un ange passe à Memphis, de Marc Villard (Rivages, "Noir")
    Meurtre sur papier glacé, de Kate White (Marabout, "Fiction")

    Grands caractères :
    Freaky fridays, de Brigitte Aubert (La Loupe, "Policier")
    Liens : Coup de pub |Sorry |Franco est mort jeudi |Réseau d'État |Petits meurtres chez ces gens-là |Pieter Aspe |Brigitte Aubert |Jean-François Coatmeur |Patrice Dard |Frédéric Dard |Paul Doherty |Zoran Drvenkar |Philippe Georget |Maurice Gouiran |Andrea H. Japp |Hugues Leforestier |James Patterson |Marc Villard |Gilles Vincent |Phyllis Dorothy James |James Swain

Extrait audio :


James Austen

Phyllis Dorothy James sur les pas de Jane Austen, imaginant une suite à Orgueil et Préjugés, publié en 1813, mais dans un registre policier, évidemment. Voici donc ressuscités les personnages du roman d'Austen dans ce domaine de la famille Darcy : Pemberley House. Elizabeth est mariée, paisible au bras de Mr Darcy, la veille du bal de Lady Anne, qu'on donne tous les ans à Pemberley. Déboule un cabriolet affolé : Lydia craint pour la vie de son époux, perdu dans les bois. Lydia la scandaleuse, l'inavouable, vient jeter le trouble sur la demeure. C'est que Lydia y fait non seulement entrer la mort, mais les hostilités du passé... Choquant la gentry obsédée de bienséance avec sa frivolité, son hystérie, débarquant comme une brute dans ce bal où elle n'est pas invitée.

P. D. James a du métier. L'univers de Jane Austen semble respecté, dans l'étude des caractères surtout, l'écriture infiniment sophistiquée, l'univers romanesque. Trop sans doute, au point de brider son propre propos : l'intrigue policière, engoncée dans des stratégies de redondance, démultipliant les points de vue sur le même événement jusqu'à l'épuisement. C'est que l'exercice de style a pris le dessus, anesthésiant l'affaire. On sent de la peine à cette tâche, malgré le brio de l'auteure. Reste aussi qu'il y manque la tension que Jane Austen avait tissé avec ses personnages. Darcy en particulier, l'aimé inaccessible, dérobé par les codes de sa classe, dressant contre les sentiments une barrière infranchissable qu'elle a tenté d'outrepasser, elle la romancière, par l'écriture d'un texte infiniment subtil, trop même, pour ne pas avouer l'amertume d'une si belle réussite romanesque.

À trop souhaiter le bonheur de son personnage, Jane y perdit sa vie, n'osant clamer combien elle aurait voulu que ce bonheur ne dépendît que d'elle. La lecture que nous en propose Guila Clara Kessous en revanche, sert au plus près la tonalité policière pourtant si en retrait, la révélant à elle-même, enquêtant, questionnant, posant avec intelligence ce climat de mystère que l'œuvre écrite ne sait que trop mal soutenir et lui restituant cette vocation policière qui aurait dû être la sienne, au point de rendre finalement le roman plus attachant qu'il ne l'est à mon sens.

NdR - 1 CD MP3, 10 h 23 d'écoute.

Citation

Elle reconnut alors Lydia, dans cette apparition hurlante et farouche.

Rédacteur: Joël Jégouzo jeudi 21 mars 2013
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