Petits meurtres chez ces gens-là

Il vit les visages horrifiés de sa femme et de sa fille qui le regardaient quand la voiture passa à côté de lui, il entendit diminuer le bruit du moteur, vit les feux arrière se fondre lentement en un seul éclat rouge que la nuit eut tôt fait d'avaler.
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Roman - Policier

Petits meurtres chez ces gens-là

Énigme - Assassinat MAJ jeudi 27 septembre 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Dulle Griet
Paris : Presses de la Cité, mai 2012
396 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-258-09272-3
Coll. "Grands romans"

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    Une semaine également placée sous le signe de la réédition avec deux ouvrages que réapparaissent en grand format. Aux Presses de la Cité d'abord pour Charles MacLean et son De peur que les ténèbres ne tombent, un thriller écrit dans les années 1980, et qui lui assura un statut d'auteur phénomène. Plus de trente années après un premier passage chez le même éditeur, le livre n'a pas pris une ride. Il sera prochainement chroniqué en nos pages. L'auteur a même été rencontré dernièrement, et une interview en a découlé. Et puis last but not least, La Manufacture des livres a récupéré un roman initiallement paru au Fleuve noir, Kill kill faster faster, de Joel Rose. La traduction de ce texte très écrit a été entièrement revue. Là aussi, une chronique sera bientôt présente sur k-libre.
    Pour les autres parutions, comme maintenant vous en avez l'habitude, faites votre choix !

    Grand format :
    Coup de pub, de Pieter Aspe (Albin Michel)
    Mortelle vengeance, de Fabrice de Caupenne (Les Nouveaux auteurs)
    L'Ouest barbare, de Jean-François Coatmeur (Albin Michel, "Spécial suspense")
    Les Larmes d'Aral, de Jérôme Delafosse (Robert Laffont, "Best-Sellers")
    7 morts sans ordonnance, de Thierry Dufrenne (Ex æquo, "Rouge")
    Petits meurtres chez ces gens-là, de Dulle Griet (Presses de la Cité, "Domaine français")
    Un privé en montagne, de Dominique Edler (Pythagore)
    Secrets enfouis, de Josaph Finder (Albin Michel, "Thriller")
    Les Violents de l'automne, de Philippe Georget (Jigal, "Polar")
    Le Couvent des ombres, de Lisa Jackson (Mosaïc)
    La Mort s'invite à Pemberley, de Phyllis Dorothy James (Fayard, "Policiers")
    Mort-en-direct.com, de John Kazenbach (Presses de la Cité)
    La Vallée des secrets. 1, Le Jeu, de Krystyna Kuhn (City, "Young adults")
    Réseau d'État, de Hugues Leforestier (Jigal, "Polar")
    Les Spellman contre-attaquent, de Lisa Lutz (Albin Michel)
    De peur que les ténèbres ne tombent, de Charles MacLean (Presses de la Cité, "Sang d'encre")
    Cruising with death, de Kathy O'Connor (Ex æquo, "Rouge")
    La Piste du tigre, de James Patterson (Jean-Claude Lattès, "Suspense et Cie")
    Eddy Proy : la véritable histoire, de Roger Perron (EDK, "Pluriel de la psyché")
    Kill kill faster faster, de Joel Rose (La Manufacture de livres)
    Nuit monstre, de James Swain (City, "Thriller")
    La Mécanique des geishas, de Fabrice Vanneste (EDD Strapontins)
    Parjures, de Gilles Vincent (Jigal, "Polar")

    Poche :
    Dans l'ombre de la ville, de James Conan (LGF, "Policier")
    Les Bras de la nuit, de Frédéric Dard (Pocket, "Thriller")
    Culbute dans le calbute : roman précieux, de Patrice Dard (Fayard, "Littérature française")
    San-Antonio s'envoie en l'air : roman de haut vol, de Patrice Dard (Fayard, "Littérature française")
    La Vengeance du Mysterium, de Paul Charles Doherty (10-18, "Grands détectives")
    Sorry, de Zoran Drvenkar (LGF, "Thriller")
    Franco est mort jeudi, de Maurice Gouiran (Jigal, "Poche polar")
    Les Cadavres n'ont pas froid aux yeux, d'Andrea H. Japp (Marabout, "Fiction")
    Naufrages en eaux troubles : baie de Saint-Brieux, d'Alain Lozac'h (Astoure, "Breizh noir")
    658, de John Verdon (LGF, "Thriller")
    Un ange passe à Memphis, de Marc Villard (Rivages, "Noir")
    Meurtre sur papier glacé, de Kate White (Marabout, "Fiction")

    Grands caractères :
    Freaky fridays, de Brigitte Aubert (La Loupe, "Policier")
    Liens : Coup de pub |Sorry |Franco est mort jeudi |Réseau d'État |La Mort s'invite à Pemberley |Pieter Aspe |Brigitte Aubert |Jean-François Coatmeur |Patrice Dard |Frédéric Dard |Paul Doherty |Zoran Drvenkar |Philippe Georget |Maurice Gouiran |Andrea H. Japp |Hugues Leforestier |James Patterson |Marc Villard |Gilles Vincent |Phyllis Dorothy James |James Swain

Un hymne agité à Bruxelles

L'action débute le 17 novembre 2011. Voilà cinq ans que Serge Swanze a perdu son épouse. Depuis, il mène une vie misérable, hanté par la culpabilité. Il est persuadé que Blanche a été assassinée et il se reproche de n'avoir pas été présent, pris par l'alcool et son métier. Il a démissionné de la police et cherche le souvenir de Blanche partout.
Arnaud Vandenbroeck sort de prison. Bien qu'il ait toujours clamé son innocence il y a passé quinze ans, accusé par son épouse d'inceste sur sa fille. Le directeur lui remet un paquet qui contient une lettre de son avocat et un second colis. Dehors, personne ne l'attend. Il entre dans un bar et ouvre la boite qui contient… un révolver en plastique, une grosse somme d'argent et les clés d'un appartement. Dans celui-ci, il trouve une arme réelle, cette fois-ci.
Chaque année, pour l'anniversaire de la mort de Blanche, son ami, un ancien commissaire qui a ouvert un bar discret dont Serge est le seul client, lui offre un café très arrosé. Il sombre et se réveille le lendemain, étonné de sa "gueule de bois" lui qui a banni l'alcool depuis cinq ans.
Deux jours plus tard, une jeune femme au "look" excentrique, débarque dans le bar. Elle est inspectrice de police et veut que Serge, dont elle connait les antécédents, l'aide dans l'enquête sur le meurtre du juge Lannoye, celui qui a condamné Arnaud. Sa hiérarchie, compte-tenu des opinions politiques du magistrat, lui demande d'orienter ses recherches vers les milieux extrémistes flamingants, comme le N-VA, dirigé par Bosseman, qui est également un lobbyiste discret mais efficace. Mais, elle ne croit pas à cette piste.
Après des hésitations, contre l'avis de son ami, presque séduit par la pétulante inspectrice, Serge s'intéresse à l'affaire, d'autant que...
En fouillant un peu, le nombre de suspects s'accroit malgré les meurtres qui continuent !

Dulle Griet est le pseudonyme d'un auteur bruxellois. Il annonce ce roman comme le premier volet d'une série : "Les Mystères de Bruxelles". Ah ! Ce type de titre aura fait du chemin depuis 1842 quand Eugène Sue lança le premier épisode des Mystères de Paris, un feuilleton-roman qui allait tenir en haleine la France entière pendant plus de seize mois. Toutefois, il faut arrêter-là le parallèle car la présente série n'a plus le côté novateur de son illustre référence. Cependant, si Sue donnait, par conviction, pour la première fois la vedette aux déshérités, Dulle Griet fait de son vif attrait pour Bruxelles l'un des moteurs de son roman.
Dans ce livre l'auteur fait visiter un Bruxelles hors des sentiers balisés pour touristes et fait ressentir l'âme de la ville. Mais, au-delà de la capitale belge, il évoque d'une façon passionnante, les désaccords entre Wallons et Flamands, les derniers reprochant aux premiers d'être des assistés économiques, vivant des richesses produites par la Flandre. L'auteur remet les pendules à l'heure par des rappels historiques pertinents et étayés, le tout dans le cours de l'intrigue, mais sans en freiner la marche.

Outre ces relations sociétale et touristique, Dulle Griet déroule une intrigue forte servie par des personnages qui provoquent, oh combien !, l'empathie. Il construit une histoire de vengeance de toute beauté où il faut se laisser emporter par le rythme de l'action, l'entregent des héros, l'humour, le cadre et les décors, la multiplicité des pistes et des personnages.
Il faut, toutefois, faire fi de certaines facilités d'intrigue que s'autorise l'auteur comme la rapidité avec laquelle la jeune femme convainc Serge.

L'ombre de Jacques Brel plane sur l'ensemble du roman. L'auteur cite des vers du poète, fait référence à des héros de chansons.
Dulle Griet, pour la petite histoire, est le titre d'un tableau de Bruegel l'Ancien que l'on peut traduire par Margot la Folle.

Petits meurtres chez ces gens-là fait vivre un excellent moment de détente, suscite l'envie de se plonger dans l'atmosphère bruxelloise. On souhaite retrouver ces héros dans une nouvelle enquête que l'on espère aussi attractive que celle-ci.

Citation

En outre, le meilleur dissolvant des désaccords étant l'argent, celui-ci passe - discrètement - d'une poche (ou d'un compte) à l'autre.

Rédacteur: Serge Perraud jeudi 21 mars 2013
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