Le Briseur d'âmes

Je traverse le hall où des slogans ont été inscrits à la hâte sur les murs - je remarque à ce moment-là que les sirènes se sont tues et que le silence règne à nouveau.
Bernard Pasobrola - Sans crier gare surgit la nuit
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Cemetary Road
Bienville est une ville du Mississippi en perte de vitesse qui croit qu'elle va réussir à rester dyna...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

lundi 21 juin

Contenu

Roman - Thriller

Le Briseur d'âmes

Psychologique - Tueur en série MAJ jeudi 22 mars 2012

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,95 €

Sebastian Fitzek
Der Seelenbrecher - 2008
Traduit de l'allemand par Penny Lewis
Paris : Archipel, mars 2012
266 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 978-2-8098-0642-7

Culture des peurs

Le livre maudit est un thème parfois utilisé en littérature policière ou fantastique. Le Livre sans nom en fut d'ailleurs une de ses dernières illustrations. Sebastian Fitzek avec Le Briseur d'âmes nous en offre une variante sympathique avec non pas un roman mais un manuscrit, dans laquelle les pages finales révèlent son éventuel caractère de livre maudit.

Pour créer son thriller, Sebastian Fitzek additionne les éléments nécessaires. Un tueur en série particulièrement machiavélique (celui-ci ne tue pas ses proies mais les rend folles et laisse des énigmes absconses dans leurs mains) provoque la panique. Une panique renforcée par l'incertitude liée à son identité réelle et par un narrateur amnésique qui est peut-être lui-même le tueur. Une unité de lieu, renforcée par son caractère anxiogène : un hôpital psychiatrique. Une unité de temps : une nuit de tempête et de neige qui empêche les secours d'intervenir. La jonction entre la terreur pure décrite et celle provoquée par les montées successives d'adrénaline crée une tension qui rend difficile pour le lecteur de lâcher Le Briseur d'âmes avant de l'avoir fini. Car Sebastian Fitzek sait décrire et écrire pour renforcer la panique : dans son monde clos, où les identités de chacun sont floues, où le coupable peut être n'importe qui (même pour les lecteurs habitués depuis leur lecture des Dix petits nègres la surprise est de taille). Il joue sur les peurs liées aux corps, à la maladie : nous sommes dans un hôpital, un suspect s'est auto-poignardé, un autre est blessé aux pieds, un troisième est soumis aux radiations d'un scanner, etc. La liste est longue.

Le rôle des devinettes additionné au fait que nous ne sommes pas dans un récit mais dans une expérience où des cobayes lisent un manuscrit (peut-être fictionnel, peut-être documentaire), ne crée pas une distance qui laisserait les nerfs plus libres mais au contraire en jouant sur l'intelligence du lecteur, dope encore plus son imaginaire. La mission de Sebastian Fitzek est remplie avec talent.


On en parle : Alibis n°43 |L'Indic n°12

Nominations :
Prix du Polar Sud-Ouest/Lire en Poche 2013

Citation

Elle n'était pas nue, cette fois-ci, ni attachée au vieux fauteuil de gynécologue. Le psychopathe qui la séquestrait fouillait parmi des instruments disposés sur une table d'appoint rouillée.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 13 mars 2012
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page