ChériBibi nº3

À la Crim', il avait appris qu'il était plus pénible d'affronter les vivants que les morts. Si ces derniers étaient condamnés au silence, les proches des victimes déversaient leur souffrance, forçant l'empathie des policiers. Cette proximité avec le désespoir affectait les plus sensibles.
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vendredi 10 juillet

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ChériBibi n°3

Revue

MAJ mercredi 10 mars 2010
Visuel de la revue ChériBibi n°
Pays : France





Prix: 5,00 €
ChériBibi n°3
Printemps 2008
Parution aléatoire
90 p. : 21.00 x 26.00 cm
ISSN 1957-4592
Comment se procurer la revue ?

On y va
Adresse : BP 17, 94201 cedex Ivry-sur-Seine, France
E-mail : asso.onyva@gmail.com; contact@cheribibi.net
Site : http://www.cheribibi.net

Ce qu'il faut savoir sur la revue
Le nom semble suggérer une référence à l'âge d'or du roman-feuilleton, à un auteur, à un personnage, à une certaine tonalité romanesque... L'on s'aperçoit pourtant bien vite que le contenu amène assez loin du XIXe siècle et que ce n'est pas la littérature feuilletonesque qui a la vedette. On est en présence d'un magazine à large spectre en matière de domaines abordés (beaucoup de musique tendance reggae punk, du cinéma couleur bis, des chroniques littéraires et "fanzinatiques" de même nuance, un soupçon de théâtre...) mais d'une grande unité visuelle et tonale.
Côté maquette et mise en page, la densité - l'extrême densité devrait-on écrire - règne : les caractères sont petits, les pages contiennent en moyenne trois colonnes de texte et sont abondamment illustrées de dessins ou de photographies - de manière harmonieuse quoique fort ramassée... Quant au ton d'ensemble il est direct, plein d'humour - l'incitation à l'abonnement est à cet égard assez représentatif - et l'on note qu'une large place est donnée aux "causeries" (c'est un peu comme une interview ou un entretien, mais l'on y sent davantage d'amitié, de chaleur). Conformément à cette convivialité, le registre est à la relâche : on cause pas le petit doigt en l'air, mais ça ne veut pas dire qu'on traite la langue par-dessus la jambe (sans jeu de mot et sans allusion cachée) : en exergue de chaque édito est cité un mot suivi de la définition qu'en donne le Larousse et, dans sa familiarité, l'écriture reste de bonne tenue. À noter également que dans chaque numéro un petit espace est dédié à la création : on découvre une nouvelle inédite, un "strip" de quatre cases Bébert, l'as du hold-up et deux épisodes d'un feuilleton en BD, Verminax, le gredin de l'ombre. C'est une évidence : on a entre les mains une revue pas conformiste qui fleure la vigueur libertaire - vigueur dont on a envie de dire qu'elle est bienvenue dans un monde où prévalent mollesses consensuelles et indignations bien-pensantes.
Si vous êtes du genre très prudent, voire un peu méfiant, vous aurez un premier contact avec la revue des plus édifiants en visitant son site internet, le Chéribiblog. On y trouve, en guise de présentation, une reproduction de l'éditorial du number ouane, véritable régal d'écriture qui n'en est pas moins clair quant à la "ligne" suivie. On y lit notamment cet heureux "self portrait" : Zonard curieux (ou curieux zonard ?), le ChériBibi dérive dans les recoins malfamés où ne s’aventure guère la lumière blafarde des lampadaires médiatiques.
Ces recoins laissés pour compte relèvent de ce que l'on appelle communément la "culture populaire" - avec ce rien de condescendance dont les plus snobs voilent leur profond mépris. Le ChériBibi, lui, a pour ambition de réhabiliter la culture populaire, et ce dans toutes ses formes d'expression - musique, images, films, livres... - et à travers tous lieux, toutes époques - dans les champs de coton plutôt que dans les salons, dans les faubourgs de Kingston en 1969 ou à Roubaix le mois dernier. - regardant avec autant d'intérêt le graffiti tracé à la hâte sur un mur lépreux de banlieue que les œuvres des pionniers du roman-feuilleton.

Le premier numéro est sorti en avril 2007, et l'équipe - la trime team chéribibine... - prévoyait alors une périodicité semestrielle. L'intention semble avoir connu quelques cahots : le numéro 2 sortait en été 2007, le 3 au printemps 2008... et le 4 au printemps 2009.
Un numéro coûte 5 euros - frais de port compris si vous vous le faites envoyer. On peut s'abonner (trois formules au choix) via le Chéribiblog ou bien aller chercher son numéro là où la revue est distribuée - officines dont vous trouverez la liste exhaustive sur le Chéribiblog à la rubrique "Nos dealers".
I. Roche/k-libre

SOMMAIRE
Chéribibeat (musique populaire) :
Causerie avec The Addicts. "Reggaemotion" : Reggae karaté. "Chanson populaire" : La Java des Bons Enfants. Causerie avec Sarah Savoy et les Francadiens. "Mondo Punk" : Tian An Men 89 records. Chroniques disques, skeuds, galettes chouettes. Causerie avec Rico Rodriguez. "Du son des oubliettes" : Peeni Waali. Causerie avec Eddie "Tan Tan" Thornton.
Théâtre populaire : Causerie avec la compagnie Jolie Môme.
Cinébibis (cinéma populaire) : Kung fu & Praxis révolutionnaire. "Bobines chéries" : Les Gaspards/Themroc.
Chéribibli (BD & littérature populaire) : Verminax, le gredin de l'ombre. Sadia'n Mazoch, le couple krarie des Krokaga. Alban l'éléphant assure sa défense. Bébert l'as du hold-up. "Les hérauts du peuple sont immortels" : Eugène Sue & Les Mystères de Paris. "Chérie noire" : Nuit tranquille place Clichy et Vive Tito !, deux nouvelles inédites de Thierry "Cochran" Pelletier. Chroniques bouquinzines.
Prolétaires de tous les pays, abonnez-vous !

Petit décryptage

Des quatre numéros actuellement disponibles le troisième est sans doute celui qui offre aux lecteurs de k-libre la matière noire sinon la plus dense du moins la plus évidente à repérer. Avant même que de s’aventurer dans l’hénaurme dossier de la rubrique "Reggaemotion" – pas moins de 17 pages UHD (Ultra Haute Densité) – où se nichent sans aucun doute quelques bons vieux films noirs assimilés polars relevés au Chi-yi (le "Kiai" chinois), on lira la double page consacrée à La Java des Bons-Enfants qui, à partir de la chanson écrite par Guy Debord, remonte à sa source historique : une bombe anarchiste déposée dans le commissariat de la rue des Bons-Enfants en 1892. Puis un peu plus loin l’article montrant comment l’œuvre la plus connue d’Eugène Sue, Les Mystères de Paris, est devenue une sorte d’archétype du "Roman Populaire" (les capitales sont chéribibines – NdR).
Tandis que Thierry Pelletier offre deux très courtes nouvelles dans la "Chérie Noire", la "Chéribibli", elle, regorge de polars aux tonalités diverses : Éléphants de la patrie de Jimmy Gladiator (Libertalia) – "Hommage avoué aux exploits de Fantômas ou Jules Bonnot..." nous dit DPC ; L’Anarchiste de Chicago de Jurgen Alberts (Série Noire Gallimard) ; Les Aventures extraordinaires de Laplume et Goudron – Du rôle éminemment social du cambrioleur de Claire Auzias (éditions Libertaire) ; Jeunes femmes rouges toujours plus belles de Frédéric Fajardie – "paru il y a 20 piges, et réédité (et épuisé) à maintes reprises", nous apprend Mathias, démontrant par là combien la rédaction du ChériBibi marche davantage au coup de cœur qu’au feu de l’actu... ; La Reine du Technicolor de Jean-Pierre Enard (Finitude) ; côté graphique, on ajoutera l’album collectif Tous coupables ! (publié par "un regroupement d’éditeurs indépendants", scripsit DPC), qui propose un florilège de dessins porcins caricaturant les représentants de l’ordre – la flicaille, quoi...
Pendant ce temps, Nick Partner, le détective gentleman, est toujours aux trousses de l’ignoble Verminax !
I. Roche/k-libre

Comité de rédaction : Daniel Paris-Clavel

Auteurs traités : Eugène Sue (Article)
samedi 15 septembre 2012

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