La Vie est dégueulasse

Écoute ça. Il [Gauguin] écrit qu'il est venu aux îles Marquises car on peut y trouver des modèles pour une poignée de bonbons. Des gamines sans défense, des filles toujours plus jeunes qu'il entraîne à l'étage de sa case entièrement tapissée de photos porno pour leur faire l'amour. Quel porc ! Quand tu sais qu'en plus il était syphilitique et qu'il avait le corps couvert de plaies...
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lundi 16 juillet

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Roman - Noir

La Vie est dégueulasse

Social - Braquage/Cambriolage MAJ dimanche 04 avril 2010

Note accordée au livre: 6 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 6,5 €

Léo Malet
Olivier Balez (illustrateur de couverture)
Léo Malet (avant-propos)
Paris : Pocket, janvier 2010
178 p. ; 18 x 12 cm
ISBN 978-2-266-20199-5
Coll. "Best", 14315

Un Tristan sans Iseult

Premier volet de la Trilogie noire écrit en 1948, La Vie est dégueulasse s'inscrit dans la grande tradition du roman noir surréaliste à la prose poétique. La gouaille des personnages n'a d'égale que la misère qu'ils croisent. "Je voudrais croire à l'amour... Ça a l'air puéril, mais c'est comme ça... L'amour, c'est la vie même, c'en est le centre de gravité, seulement la vie est dégueulasse, alors, l'amour... Les femmes gâchent tout… Toutes des vaches et des putains !" Jean Fraiger est un anarchiste amoureux fou de Gloria. Seulement voilà, cet amour l'a paralysé, et lui n'a jamais en quatre ans avoué sa flamme. Gloria entretemps s'est mariée. Jean, ce Tristan sans Iseult, comme l'explique Léo Malet dans un avant-propos brillant, traine sa misère et ses guêtres dans les rues de Paris. Avec d'autres comme lui, un casse se monte. Un fourgon qui convoie de l'argent. Rien de bien difficile. Mais dans le fourgon, il s'en trouve un pour vouloir utiliser une arme. Il est violemment abattu par Jean mais il a eu le temps de blesser un des complices. Le plus beau de la bande. Jean va faire croire aux autres qu'il est fichu, qu'il faut l'achever et planquer son corps défiguré sous des feuilles dans la forêt. L'histoire prend des allures de tragédie grecque quand Jean apprend que l'homme abattu sortant du fourgon était le père de Gloria. C'est une folie meurtrière associée à une manipulation incessante qui déferle alors sur les personnes qu'il croise. Mentalement instable, sexuellement frustré, il atteindra son but pour se retrouvé complètement vidé de toute substance, puis finir dans le caniveau. Jean Fraiger a vraiment raison, la vie est dégueulasse mais surtout pour les autres...

Citation

La misère, c'est comme la vérole : ça ne se guérit jamais complètement

Rédacteur: Julien Védrenne dimanche 04 avril 2010
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