Celles qui peuvent encore marcher et sourire

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Roman - Policier

Celles qui peuvent encore marcher et sourire

Social - Procédure - Faits divers MAJ mercredi 03 juillet 2024

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Océane Perona
Paris : Julliard, mars 2024
238 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-260-05600-3

Dans la routine d'un service

Bien souvent, ce qui est important c'est le contexte. Océane Perona, l'auteure de ce roman, est sociologue et universitaire qui a écrit une thèse sur le consentement dans les violences sexuelles, notamment en travaillant avec des femmes venues porter plainte dans les commissariats. Or, son roman évoque le quotidien, au fil de quelques jours, les derniers, d'une étudiante venue dans un commissariat afin de travailler au sein d'une brigade chargée justement des violences de ce type. Donc son texte est nourri des différentes affaires auxquelles elle va être confrontée dans son étude. Mais il ne s'agit dans ce livre ni d'un texte universitaire artificiellement plaqué sur une intrigue policière, ni d'un texte d'autofiction. Tout d'abord, l'auteure prend soin de décentrer son regard sur des personnages divers. Il y aura bien des femmes coincées et bloquées par la violence, ne sachant même pas toujours comment l'exprimer, mais Océane Perona prend aussi comme personnage Héloïse, une policière chargée d'accueillir les femmes et, éventuellement, d'ouvrir et de mener des enquêtes. Entre les différentes affaires qui se déversent dans les bureaux, avec parfois des poussées machistes et sexistes des policiers eux-mêmes, Héloïse va aussi travailler sur une affaire qui pourrait devenir emblématique : celle d'une jeune femme violée et laissée pour morte après de nombreux coups de couteau, qui ouvre sur des pistes complexes et rappelle d'autres affaires. Le roman parvient à rendre sensible le problème, à évoquer la masse des affaires, les réactions des policiers y compris l'impression souvent d'un travail à la Sisyphe, où chaque jour l'on se noie devant la masse des nouveaux cas sans avoir le sentiment que ceux qui précèdent ont été bien traité. Le côté policier de ces histoires où les enquêteurs doivent travailler à charge et à décharge, ce qui les obligent à pouvoir donner l'impression aux victimes qu'ils soutiennent les violeurs, est particulièrement bien présenté. L'ensemble du texte maîtrise la fiction et l'on ne sent jamais les traces d'un texte universitaire. Très réussi, ce texte noir, où il n'y aura pas forcément une enquête maîtrisée et finalisée, se révèle être une photographie impressionnante du service de base d'un commissariat, des gens qui la composent et de ceux qui frappent à sa porte. De ce point de vue, Celles qui peuvent encore marcher et sourire est une réussite exemplaire.

Citation

Héloïse, Mme Saadi vient de t'appeler. C'est lui. Elle a identifié Dylan Samake comme son agresseur sur la planche photo. Et Laura a répondu à ton courriel. Elle l'a reconnu aussi. Il faut que tu préviennes tes collègues, que tu envoies la cavalerie chez Caroline Hazan. Pourvu qu'elle n'ait pas réussi à le faire partir de chez elle. Pour une fois, l'inefficacité de la justice pénale en matière de violences conjugales aurait du bon.

Rédacteur: Laurent Greusard mercredi 03 juillet 2024
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