Le Droit au pardon

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jeudi 25 juillet

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Roman - Policier

Le Droit au pardon

Social - Assassinat - Prétoire MAJ lundi 01 juillet 2024

Note accordée au livre: 1 sur 5

Poche
Réédition

Tout public

Prix: 10,4 €

John Grisham
A Time For Mercy - 2020
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Dominique Defert
Le Livre de poche, février 2024
762 p. ; 18 x 12 cm
ISBN 978-2-253-19598-6
Coll. "Policiers & thrillers", 32767

Retour sans force

Clanton, Mississippi, 1990. Un soir de cuite, Stuart Kofer, une brute épaisse, tabasse une fois de plus sa compagne Josie au vu et au su de ses enfants à elle, Drew et Kiera, qu'il ne manque pas de frapper également. Lorsqu'il croit que Stu a tué sa mère, c'est la goutte qui fait déborder le vase : Drew, douze ans, prend le revolver de la brute et lui loge une balle dans le crâne. L'avocat Jack Brigance est mis sur l'affaire, mais tente de s'en dégager : il a déjà eu affaire à la bigoterie du Sud profond, même s'il a remporté sa dernière affaire cinq ans plus tôt - la victime d'alors était un policier, plutôt estimé de tous et notamment de ses collègues. Or un tueur de flic a de fortes chances d'écoper systématiquement de la peine de mort. Brigance aura à nouveau droit à son lot de menaces et de violence au nom de la justice. Lorsqu'il apparaît que Kiera, treize ans, est enceinte du mort qui la violait régulièrement, se pose la question de savoir si ça va suffir à faire à fléchir le jury.

On l'a déjà dit, John Grisham n'est pas qu'un usineur de soupe commerciale à la James Patterson. S'il s'est fait connaître avec La Firme (une sorte de roman de plage parfait, un récit passionnant usant de toutes les ficelles qui fonctionnent en respectant l'intelligence du lecteur et osant même une fin douce-amère), il y a dans ses livres une véritable moelle humaniste, quitte à prendre des positions valant le nombre habituel de noms d'oiseaux à ceux qui s'y tiennent, et surtout un don pour les personnages. Il faut le voir de Le Client, modèle de minimalisme, bien massacré par son adaptation cinématographique. S'il n'est plus dans ses grands jours, l'auteur nous avait séduit avec L'Allée du Sycomore, prouvant que s'il ne changeait guère ses thèmes, il savait encore raconter une histoire. Mais là... Le tout sent le déjà-vu, y compris chez John Grisham lui-même (on est dangereusement proche de Non coupable, le premier volet de la trilogie consacrée à Brigance), et évoque plutôt un téléfilm du samedi après-midi qu'une série A. On n'échappe pas au syndrome du Livre Ventripotent™, dans lequel on nous décrit par le menu le moindre fait et geste du personnage sans que cela apporte quoi que ce soit, et une dissection des minuties du droit que les lecteurs de John Grisham doivent déjà avoir assimilé depuis longtemps. Même la conclusion, ou son absence, est ouverte, comme si l'auteur ne savait pas comment terminer son roman. On a l'impression que le contrat avec son éditeur exigeait un troisième Jack Brigance là où John Grisham estimait en avoir terminé avec ce personnage, et qu'il s'y est attelé avec l'enthousiasme du mineur descendant dans le puits. Heureusement, il a fait, et espérons-le fera, bien mieux...

Citation

La loi ici considérait que le meurtre était un crime si grave qu'il ne devait pas être traité par un tribunal pour mineurs dès lors que l'accusé avait plus de treize ans. Un enfant de douze ans ne pouvait donc être poursuivi par une cour, uniquement une juridiction, la juridiction de droit commun. Aucun autre État ne jugeait des mineurs aussi jeunes dans des cours pénales. Dans la majeure partie du pays, le prévenu devait avoir plus de seize ans. Mais pas dans le Mississippi.

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 01 juillet 2024
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