Sombres héros

Mener une enquête c'est comme fabriquer une auto. Il suffit d'assembler les pièces et on a l'auto. Ou le meurtrier.
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jeudi 15 novembre

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Nouvelle - Policier

Sombres héros

Hard boiled MAJ dimanche 07 mars 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Gilles Vidal
Sartrouville : Atelier de presse, janvier 2008
230 p. ; 22 x 14 cm
ISBN 978-2-35310-058-3
Coll. "L'@telier noir", 5

Petits sommeils sur un air de java

Antoine Fouget est un détective privé. Un de deuxième zone, de troisième peut-être. Il parvient à boucler ses fins de mois et a même une charmante secrétaire dont il rêve de toucher les fesses (voire plus si affinités). Mais bon cela ne se fait pas. Il se contente de lui offrir son chèque à chaque fin de mois.
Il reçoit la visite d'un agent d'assurance bien embêté. L'agent a assuré une star de cinéma qui est aujourd'hui menacée de mort avec son mari. Peut-être qu'il y a un rapport avec l'amant de la starlette retrouvé sur le carreau chez elle, d'un phénomène spécial appelée l'auto-combustion. Ou alors c'est plus simplement un meurtre. Cet amant était un footballeur de talent, accusé d'avoir participé à des matchs truqués ou alors s'y opposant, rien n'est très clair dans les histoires de foot. En tout cas, les impresarii du footballeur ont vite disparu.... Bref, il y a beaucoup de gens qui pourraient en vouloir à la starlette. Antoine Fougeest donc chargé de la protéger et de découvrir dans le même temps l'existence d'un éventuel contrat sur la tête de la star et de son quand même un peu cocu de mari. Surtout que la vedette n'a pas froid aux yeux (et a même chaud ailleurs !)

Les Anglo-Saxons appellent cela une novella : un court roman (ou une longue nouvelle) de cent cinquante pages. Le format s'adapte bien à Cash back où Gilles Vidal, un habitué du genre, joue avec les stéréotypes, convoque les grands anciens (Chandler est cité dans le texte) et reconnait lui-même que tout n'est pas forcément clair dans son histoire. En tout cas, cela s'agite, des pistes sont ouvertes et le texte se déroule avec une force et un allant de bon aloi. Pour ne pas laisser le lecteur sur sa faim, Gilles Vidal y a adjoint quelques nouvelles, de forme plus rapide, qui jouent avec les différents registres : on y retrouve les obsessions sexuelles du narrateur (y compris l'impuissance et la solitude), l'amour du footballeur avec un texte très noir mais bien vu (Saint ball) ou le récit du témoin d'un meurtre, lorgnant vers un futur pas plus joyeux (un revendeur non de drogue mais de gasoil, ou les relations haineuses d'un père et son fils). Ces textes plus courts complètent la novella et lui offrent des contrepoints aussi noirs mais qui permettent de se répondre. Derrière le recueil, on sent bien l'unité du livre par un auteur, peu connu, mais qui ne mérite pas cet excès d'ombre.

NB. Ce recueil comprend :
Cash back (paru précédemment à la Bartavelle noire - 1999)
"alleluia» jacta West, Coitus infernalus & Une odeur de frite morte (in Angles d'attaque, Méréal - 1996)
Saint Ball (in Libération - 1995)
Bas zarb (in Pollutions, Fleuve noir - 1999)
Un coup d'essai bien arrosé (in Écrans noirs, Le Marque page - 2002)
Petit papa cruel (in Contes de Noël, Méréal - 1996)
On part ! (in Noir comme Éros, Bartavelle noire - 2000)

Citation

Mince alors, même les petits cubitus de stress qui tantot me titillaient l'occiput s'étaient noyés dans l'eau du bain.

Rédacteur: Laurent Greusard dimanche 07 mars 2010
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