Docteur à tuer

Quand on habite à l'étranger et que les gens vous demandent ce qui vous manque le plus, on répond en général, très spontanément : les pubs et le fish & chips. Il était intéressant de constater qu'il y avait là plus d'un semblant de vérité.
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lundi 23 juillet

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Roman - Thriller

Docteur à tuer

Mafia MAJ mercredi 03 mars 2010

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 20 €

Josh Bazell
Beat the Reaper - 2009
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Denyse Beaulieu
Paris : Jean-Claude Lattès, mars 2010
300 p. ; 23 x 14 cm
ISBN 978-2-7096-3027-6

Y aurait pas du Dr House ? Y en a...

Peter Brown est interne dans un hôpital de Manhattan. Il obéit au protocole du WITSEC – Witness Security Programm, le truc que le FBI met à la disposition des repentis. Car Peter Brown a d'abord été dans une vie antérieure tueur à gages pour le compte de la Mafia. Seulement voilà, les aléas de sa vie ont fait qu'il s'est retourné contre ceux qui l'avaient affranchi. Peter Brown est donc capable de désarmer dans la rue un agresseur qui espère qu'il aura sur lui de la came ou du fric. D'ailleurs, ce n'est pas compliqué, il suffit d'attraper "son coude pour le tirer d'un coup sec : ses ligaments pètent comme des bouchons de champagne". S'il n'était pas aussi méchant, Peter Brown serait aussi séduisant que le Dr. House. Il a déjà son regard désabusé sur le monde, une causticité qui le rend attachant et insupportable, un truc dans l'œil qui fait que l'on se dit qu'il a bougrement souffert. On est loin de tout soupçonner. Il faut alors que Peter Brown rencontre Eddy Squillante pour que les pans de son passé nous soient révélés un à un. Eddy Squillante est un mafieux en fin de vie, mais qui prend le temps d'alerter Skinflick, un autre mafieux que Peter "Griffe d'ours" Brown avait pourtant jeté du haut d'un sixième étage. À partir de ce moment, Peter Brown va alors devoir sauver sa peau tout en sauvant celle de ses patients : il ne le sait pas, mais il lui reste huit heures avant qu'une horde de tueurs débarque.

Dans un récit alternant le passé et le présent, Josh Bazell nous plonge dans le double monde de la mafia new-yorkaise et de l'administration hospitalière. À mesure que les événements présents se précipitent, on en sait un peu plus sur les raisons pour lesquelles Peter Brown a été retourné par les Fédéraux (il y est question d'amitié, d'amour, de massacres et de haine). Dire que Brown est un ersatz du Docteur House est un lieu commun. L'on ne peut s'empêcher d'y penser. D'autant que comme son alter ego, il se shoote mais avec du Moxfane, il se précipite dans les salles d'opération pour les contaminer et éviter qu'on coupe une jambe car il est évident que cette fille n'a pas d'ostéosarcome, et comme il est un brin MacGyver (mais franchement on l'imagine beaucoup plus sexy que Richard Dean Anderson) sur les bords, il n'hésite pas à pratiquer l'auto-péronectomie pour se sortir d'un mauvais bain (important dans un monde de requins). Josh Bazell entretient également son lecteur en usant des notes de bas de page où il nous apprend plein de choses inutiles, en utilisant un vocabulaire médical précis et en nous délectant d'un humour juif décapant, qui cache un drame profond. Un thriller brillant et clinique qui ne tardera pas à se retrouver au cinéma.


On en parle : La Tête en noir n°144

Citation

Quand on perd son âme, il faudrait au moins envisager de déléguer sa conscience.

Rédacteur: Julien Védrenne dimanche 28 février 2010
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