Sukkwan Island

- Son père m'a trouvé du boulot dans la grande imprimerie à l'extérieur d'Indianapolis. On y imprime et relie des livres. C'est la qu'on a imprimé le Da Vinci Code.- Je n'en ai jamais entendu parler.
George P. Pelecanos - Un jour en mai
Couverture du livre coup de coeur

Coup de coeur

Aucune terre n'est promise
Écrivain de polar et de fantasy ayant connu un succès modéré, Lior Tirosh fuit les ruines de son mariage ...
... En savoir plus

Identifiez-vous

Inscription
Mot de passe perdu ?

jeudi 15 avril

Contenu

Roman - Aventure

Sukkwan Island

Ethnologique MAJ mercredi 24 février 2010

Note accordée au livre: 2 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 21,7 €

David Vann
Sukkwan Island - 2010
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Laura Derajinski
Paris : Gallmeister, janvier 2010
192 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 9782351780305
Coll. "Nature Writing"

Actualités

  • 07/11 Festival: Livres en tête pour David Vann
    Du 25 au 29 novembre se déroule la 6e édition de Livres en tête, un festival co-organisé par le Service culturel de l'université Paris-Sorbonne et Les Livreurs sonores en partenariat avec France Culture, l'Auditorium Saint-Germain, la Mairie de Paris, l'Institut Finlandais, les éditions Gallmeister et Actes Sud, la librairie La Manoeuvre, le comité d’entreprise d'EDF (CCAS)... Six rencontres sont prévues sur les thèmes "Conférence wikistage", "Dégustation littéraire", "Le Rouge et le blanc", "Savants fous", "On a lu le film" et "Bal à la plage". Mais la thématique qui nous intéresse plus particulièrement est "On a lu le film", qui se déroule le vendredi 28 novembre à partir de 20 h 30 à la MPAA - Auditorium Saint Germain (4 rue Félibien - 75005 Paris). Seront réunis Jean-Claude Carrière, David Vann et Charlotte Rampling (sous réserve pour cette dernière) pour une soirée qui s'articule autour des films de légendes et des textes cultes. À côté de l'invité d'honneur Jean-Claude Carrière, le romancier David Vann, qui a reçu le Prix Médicis étranger pour Sukkwan Island, un roman toujours d'actualité adapté récemment en bande dessinée chez Denoël Graphic et promis à un avenir cinématographique, et qui bénéficie d'une transposition en livre sonore de Thierry Janssen. Mais il devrait être également question de Goat Mountain, dernier ouvrage en date publié aux éditions Gallmeister.
    "Un film c'est d'abord un texte : scénario original ou roman, transformé en images reproductibles par des machines afin de permettre au spectateur de les voir défiler devant lui sur un écran. Mais quelles images surviennent à l'écoute du texte qui a donné naissance au film ? Se refait-on le film, ou d'autres images apparaissent-elles, en surimpression d'un souvenir que l'on pensait plus tenace, plus fort, quitte à chasser l'original ou plutôt le découvrir enfin : le vrai Parrain, les vrais Finzi Contini, la vraie Scarlett O'Hara, le vrai Valmont, le vrai Désert des Tartares ne gisent-ils pas dans les livres pour s'éveiller à la voix du lecteur ?
    De Méliès à Spielberg, Les Livreurs proposent une démonstration du pouvoir de création filmique des mots : le Cinémascope auditif."
    Films lus. Les Vestiges du jour (film de James Ivory / roman de Kazuo Ishiguro), Rambo (film de Sylvester Stallone / roman Premier sang de David Morrell), L'Homme qui tua Liberty Valance (film de John Ford / nouvelle de Dorothy M. Johnson), Birdy (film de Alan Parker / roman de William Wharton), Délivrance (film de John Boorman / roman de James Dickey), Shining (film de Stanley Kubrick / roman de Stephen King), etc.
    Tarif. 10 €.|-26 ans & chômeur : 5 €.|-18 ans : gratuit.
    Restauration. ascal Kosmala propose quelques encas et boissons de son choix à partir de 19 h 30.
    Liens : Sukkwan Island |David Vann |John Ford |Stephen King

  • 04/06 Auteur: David Vann à la "une"
  • 19/09 Prix littéraire: Prix Médicis 2010 : du noir à l'horizon ?
  • 16/06 Auteur: David Vann en signature
  • 16/06 Prix littéraire: Ils ont été récompensés...
  • 21/01 Librairie: Noirceur insulaire

Island in the snow

Un homme et son fils, seuls au milieu de la nature hostile d'une île en Alaska. Au début, on prend peur : un ersatz de La Route, une fuite désespérée sur fond de fin du monde avec, en prime, le développement des liens filiaux père-fils. Sauf que dans Sukkwan Island, la confrontation avec la nature est volontaire. La retraite dans une cabane perdue en Alaska est une idée du père, qui jusqu'à présent, ne voyait son fils que les week-ends. Une année entière rien que eux, à apprendre à se connaître entre parties de pêche, coupe et ramassage de bois, chasse aux cerfs et constructions de caches à nourriture. Profiter de l'été pour prendre ses marques, s'armer pour l'hiver, passer l'hiver et s'épanouir au printemps.

Sauf que, voilà, rien ne va évidemment se passer comme prévu. Le début de ce huis-clos est traité par le menu détails des tâches quotidiennes et nécessaires des deux personnages : trouver à manger, se chauffer, se préparer pour la baisse des températures. Le fils découvre avec effarement que le père n'est pas plus préparé que lui à cette aventure, qu'il ne sait pas tout, qu'il doute et qu'il peut se tromper. Leur première victoire : réussir tant bien que mal à scier des planches correctes pour un abri de bois est bien vite suivie par leur premier gros échec : être parti en vadrouille, laissant leur cabane, leurs vivres et leur équipement à la portée d'un ours qui va s'en donner à cœur joie dans la destruction du nécessaire de survie des protagonistes.

Le père et le fils s'en sortent, chutent et se relèvent, grappillent difficilement de petites victoires sur la nature ennemie, l'apprivoisent et le quotidien s'installe. On s'attend forcément à un retournement de situation, à quelque chose qui viendra casser ce rythme lent et méthodique, imperturbable de la narration descriptive. Oui, mais ce ne sera pas ce qu'on attend : pas de course poursuite avec des chasseurs autochtones, pas de révélation ascétique au pied d'un arbre, pas de retour prématuré à la civilisation, à l'école et à la vie de famille. La traque se fait entre le père et le fils, ce dernier contraint de subir, toutes les nuits, l'auto-psychanalyse que s'inflige son père dans le noir, l'amenant à des révélations sordides sur sa vie privée qui glacent son fils, impuissant. La course-poursuite se fait entre le père et sa propre rédemption, le fils face à ses propres incertitudes, déchiré entre son désir de s'échapper au plus vite de cet enfer familial et l'envie de rester aux côtés de ce père qui sombre. Ne sombrera pas celui que l'on attend, là encore. L'inattendu est fortement ménagé, dans Sukkwan Island, véritable drame sombre, sans échappatoire aussi bien physique que morale. Mais l'on referme le livre avec un goût amer, peut-être dû à une seconde partie – qui ne passe plus sur l'île – plus faible, où le nature writing ne tient plus la place prépondérante bien qu'elle soit toujours présente, et où l'on sent poindre une délectation de l'écriture et de la description moindre.


On en parle : L'Indic n°5

Citation

Je crois que j'ai vécu trop longtemps au mauvais endroit

Rédacteur: Estelle Durand mercredi 24 février 2010
partager : Publier dans Facebook ! | Publier dans
MySpace ! |

Pied de page