Jeux de dames

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dimanche 09 août

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Roman - Policier

Jeux de dames

Sportif - Assassinat - Procédure MAJ jeudi 16 juillet 2020

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

André Buffard
Paris : Filature(s), mai 2020
300 p. ; 22 x 15 cm
ISBN 978-2-491507-01-5

L'avocat était presque parfait

C'est la stupéfaction chez le grand avocat pénaliste du barreau de Lyon David Lucas : qu'une personne le sollicite pour sa défense n'a rien d'inhabituel, mais l'inculpée n'est autre que sa propre assistante, Dolorès Grangeon ! Une assistante qu'il a connu cinq ans plus tôt, lorsqu'elle a été soupçonnée du meurtre de son mari, un industriel spécialisé dans les plastiques. Elle a cependant été vite disculpée car après la découverte du corps truffé de balle, sa propre secrétaire et maîtresse Sabrina Lassalle a reconnu les faits, arguant d'un coup de folie. Évidemment, elle a bénéficié de la clémence de la justice... mais une dénonciation anonyme a remis le jugement en question, d'autant que Dolorès Grangeon a dans l'intervalle touché un héritage plus que confortable. La coupable présumée peut difficilement s'expliquer : elle est morte en prison quelques mois plus tôt d'un empoisonnement qui est passé pour un suicide. N'a-t-on pas plutôt cherché à la faire taire ? Mais ce n'est pas tout : une dépêche AFP annonce le décès de Nicolas Ivanovitch, un agent célèbre dans les milieux du football. Un ancien client, presque un ami de David Lucas... Lorsqu'il est avéré qu'il a été assassiné, Lucas contact la fille de la victime, Svetlana Ivanonich, qui se trouvait avec lui dans l'hôtel où il est mort. D'après celle-ci, on avait détecté chez son père une tumeur au cerveau qui l'avait rendu paranoïaque. Avant de décéder violemment, il voulait sortir son J'accuse et balancer tout ce qu'il savait sur les coulisses peu reluisantes du sport professionnel, et notamment des coulisses du transfert d'un certain joueur... Était-ce une raison suffisante pour le tuer ? La question se pose d'autant plus qu'il était censé balancer sa bombe le lendemain de son meurtre...
Les histoires d'avocat sont plutôt traditionnellement du domaine américain, car les particularités du système judiciaire outre-Atlantique donnent à cette profession bien plus de pouvoir qu'en France. Ce roman d'un avocat médiatique, veut changer la donne. Un genre de procedural (ou procédure policière, ces romans plus attachés à la réalité du métier qu'aux sensations fortes) d'un genre nouveau qui s'intéresserait aux rouages de la justice ! Ce qui ne veut pas dire qu'on y trouve pas une, mais deux enquêtes par ailleurs plutôt ingénieuses et pleine de surprises, quoique d'un classicisme à toute épreuve où notre avocat occupe un rôle habituellement dévolu au traditionnel privé. Que du bon donc ? Non, car on retrouve quelques défauts typiques du premier roman (on est ici en présence d'un auteur confirmé). Si les digressions sur le métier d'avocat sont intéressantes — et on peut supposer qu'elles attirent une partie du public –, l'auteur, André Buffard, aurait pu "tuer ses chéris" et alléger un peu les considérations du protagoniste. Autre défaut, une langue qui manque un peu de mordant et met tout, y compris des éléments importants, sur le même plan sans pour autant tomber dans la bouillie façon série télévisée à la mode. Du coup, première personne oblige, une scène-clé pouvant engendrer un certain suspense est uniquement racontée. Est-ce un souci de vraisemblance ou une erreur d'écrivain ? En attendant, André Buffard continue d'arpenter les cours de prétoire la cité lyonnaise. Il sera intéressant de voir ce qu'il fera par la suite.

Citation

C'était de plus en plus souvent le même cirque et nous étions très fréquemment les mêmes à nous retrouver dans ce type de procès. Quelques Parisiens spécialisés dans les vices de procédure et puis des pénalistes pour qui, comme moi, les affaires de trafic de stupéfiants étaient devenues le lot quotidien. J'avais parfois l'impression que nous étions 'en tournée' aux quatre coins de la France à défendre les mêmes dealers, à soulever les mêmes vices de forme, à invoquer les mêmes arguments.

Rédacteur: Thomas Bauduret jeudi 16 juillet 2020
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