La Mauvaise herbe

Parce que Milan, la vraie, grouillait de vie et pour la respirer, il fallait la vivre derrière les façades des immeubles, derrière les halls, à l'intérieur de ces vieilles cours dont peu de gens connaissaient l'existence. Il avait appris plus de choses dans le tram ou dans les bars, ou dans ces boutiques qui depuis avaient disparu, qu'en dix ans à l'école. Il avait eu une enfance pauvre. Mais il répétait toujours qu'il ne l'aurait jamais échangée contre une autre.
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dimanche 09 août

Contenu

Roman - Policier

La Mauvaise herbe

Social - Assassinat - Rural MAJ jeudi 16 juillet 2020

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 23 €

Agustín Martínez
La Mala hierba - 2017
Traduit de l'espagnol par Amandine Py
Arles : Actes Sud, mars 2020
392 p. ; 24 x 15 cm
ISBN 978-2-330-13375-7
Coll. "Actes Noirs"

Raisons multiples

Dans un petit village à l'écart de presque tout, une jeune fille de quatorze ans rentre chez elle au matin pour découvrir le corps de sa mère, et son père gravement blessé et dans le coma. Quelques jours plus tard, en lisant les SMS de la jeune fille, la police se pose la question de savoir si ce n'est pas elle qui aurait commandité l'assassinat de ses parents. Tout le village est remué et les questions fusent. Des indices contradictoires apparaissent et tout se mélange. En effet, si la famille s'était réfugiée dans ce petit village, c'est parce que le père était devenu chômeur. Du coup, énervé, il battait sa femme qui se consolait dans les bras d'un "indigène". De plus, pour avoir quelques centimes, le père travaillait au noir à aller voler des cochons dans les élevages. Il aurait aussi rencontré le "Sacrificateur", une légende locale qui serait responsable des meurtres. Qui plus est, deux "amis" de la jeune fille pourraient fort bien l'avoir aidée, elle qui se plaignait que son père l'aurait violée.
Comme on le voit, le roman embrasse de nombreux thèmes et jusqu'à la fin les possibilités pour savoir qui est derrière le meurtre et la tentative de meurtre existent. Toutefois, le récit s'égare parfois justement entre tous les thèmes possibles - le retour dans un petit village où les habitants sont hostiles, et veulent lyncher la coupable potentielle, où un riche notable fait sa loi, l'entrée à la fois dans la violence et le chômage, le personnage central un peu amnésique qui se demande ce que sait et fait sa fille, les policiers qui instruisent à charge, des Serbes qui auraient participé au meurtre, un trafic annexe de drogue et d'escroqueries à l'assurance. Certes le crime est révélateur d'autres troubles, et l'histoire avance avec intérêt, mais elle aurait peut-être gagné à se resserrer sur une série d'événements. À moins que la volonté de l'auteur n'ait été de reconstituer la complexité d'une situation, auquel cas, il a réussi son travail.

Citation

Je voudrais garder ce souvenir de toi qui reposais contre ma poitrine, lourde de fatigue après avoir fait l'amour, pas de ce bateau qui sombre dans une flaque de sang à mes pieds.

Rédacteur: Laurent Greusard jeudi 16 juillet 2020
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