Rubis sur l'ongle

La politique, les Cubains, les Américains, les Européens, les capitalistes, les socialistes, les communistes, les vers, le tiers-monde, je m'en fous comme de ma première chemise... On a des millions et des millions de dollars qui nous tendent les bras. On s'est battus pour en arriver là. Faudrait vraiment être cons pour s'embrouiller et tout foutre en l'air maintenant...
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lundi 08 mars

Contenu

Roman - Noir

Rubis sur l'ongle

Politique - Drogue - Complot MAJ lundi 12 octobre 2020

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 16 €

Marcelo Rubens Paiva
Bala na agulha - 2017
Avec la collaboration de Claire Accart
Traduit du portugais (Brésil) par Richard Roux
Fuveau : Decrescenzo, octobre 2020
200 p. ; 22 x 15 cm
ISBN 978-2-36727-070-8

Un roman noir avec samba incorporée

Le roman du Brésilien Marcelo Rubens Paiva a le mérite d'un amoralisme gai et flamboyant sur l'ensemble de sa narration, alors qu'au départ (et peut-être comme pourrait le penser le résumé) on aurait pu envisager autre chose. Et c'est d'ailleurs une grande partie de sa force. Le personnage de Flavio Castilho a trafiqué de la drogue dans son lycée. Du coup, sa famille l'a envoyé en France où il a recommencé son petit commerce. Résultat : un peu de prison. Alors, il change de nom et va vivre aux États-Unis où il continue bien évidemment son petit commerce. Un jour, un de ses acheteurs habituels, du consulat brésilien, lui commande une petite dose. Pour le dépanner, Flavio va même accepter une autre mission : se déguiser en bagagiste et aller violer pour de faux une cliente dont c'est le fantasme ultime. Si la jeune femme semble apprécier, après son départ, elle est retrouvée morte et tout accuse Flavio. Il tente alors de contacter un chef de gang qui pourrait l'aider, mais ce dernier vient d'être mis en prison. Puis, alors qu'il se repose deux secondes sur un banc, un passant lui jette dans les bras la tête découpée de la femme violée. Visiblement quelqu'un lui en veut. Cela aurait-il un rapport avec son père qui vient d'être comme chef du gouvernement au Brésil ?
Plus le roman avance, plus on s'enfonce dans l'angoisse, mais plus le narrateur a l'air de s'en moquer et s'amuse de la situation. Il continue à briser tous les tabous, refuse de jouer les codes et va raconter une superbe machination narrée mine de rien dans le fil d'une histoire menée tambour battant. Le texte écrit à la première personne joue, lui, avec les codes du polar et multiplie les scènes de genre, en les rendant efficaces et dynamiques, avec ce petit plus de cynisme et d'ironie qui offre ainsi le plus, transformant un texte à la limite du banal en bonne surprise.

Citation

J'ai traversé le hall du Plaza en constatant (sensation de danger) que Marcos n'était pas là, comme il l'avait dit. Si j'avais obéi à mes vieux principes de sécurité, j'aurais tourné les talons et je serais parti.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 18 mai 2020
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