Cinq cartes brûlées

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mardi 22 septembre

Contenu

Roman - Noir

Cinq cartes brûlées

Psychologique - Social - Artistique MAJ mardi 14 avril 2020

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19,9 €

Sophie Loubière
Paris : Fleuve, janvier 2020
344 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-265-14396-8
Coll. "Fleuve noir. Thriller"

La vie est un long fleuve noir

Il y a des cartes, car le roman est d'une part décomposé en parties basées sur une carte de jeu et son éventuelle explication symbolique, d'autre part, parce que l'héroïne du roman exercera comme principale activité de sa carrière professionnelle le délicat métier de croupier. D'ailleurs, le roman de Sophie Loubière n'est que de loin un roman policier. Au début de l'intrigue, il y a un meurtre (ou une tentative) et Cinq cartes brûlées va revenir par plages successives sur ce qui a précédé et provoqué ce crime. Le roman est entré sur une jeune femme qui va passer une vie sans grand "intérêt", mais exemplaire de ce que peut être la vraie vie quotidienne de nombreuses personnes.
Laurence Graissac a un nom qui porte en elle-même sa propre cohérence (elle est un peu enrobée au début de cette histoire), et tout le roman va décliner ce rapport complexe au corps - boulimie et corps chahuté par les gens qui vous entourent, corps qui lâche comme celui des membres de la famille de Laurence (un frère handicapé et une mère qui peu à peu perd la tête), corps qui devient objet de convoitise (femme qui se refuse ou maîtresse qui s'offre, corps violenté), corps exalté de l'effort sportif. Nous sommes donc plutôt dans un roman noir (où il y aura quelques rebondissements intelligemment amenés), où une femme, dans une relation complexe à son corps, à son entourage et même à la vérité ou la réalité, doit avancer et se battre dans la vie quotidienne. L'acte sanglant n'est que la conséquence ultime, le fait divers (qui, semble-t-il, servit à l'écriture du texte), le révélateur d'une situation. Pour les amateurs de psychologie fine, de description détaillée de personnages (surtout l'héroïne, mais également quelque acteurs secondaires) pour construire un roman très intéressant, même s'il est éloigné des "canons" du genre policier et se rapproche de la littérature générale (ce qui n'est absolument pas une insulte).

Citation

C'était plus fort que lui. Il fallait qu'elle souffre, qu'elle crie. Tous les moyens étaient bons. Insultes, chatouilles, brûlures indiennes, sel dans le yaourt, poivre sur la brosse à dents, massacre de dessin, vol de goûter, énucléation de peluches.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 14 avril 2020
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