Toute la violence des hommes

Madeleine Roudas a pu être massacrée par un forcené, un déserteur, un fou, un prisonnier échappé. Mais je trouve que ça fait beaucoup de coïncidences : un brigadier obsédé par cette affaire est retrouvé mort, un des voyous emprisonné parvient à s'échapper [...] et la petite amie d'un de ses complices est torturée et étranglée.
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vendredi 29 mai

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Roman - Policier

Toute la violence des hommes

Énigme - Guerre - Artistique MAJ lundi 23 mars 2020

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Paul Colize
Paris : HC, mars 2020
318 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-35720-525-3

Peindre pour vivre

Un spectre hante Bruxelles, celui d'un dessinateur qui est vite surnommé "Le Funambule", car ses toiles apparaissent dans des endroits improbables uniquement accessibles à un acrobate de haut vol. Et ce ne sont pas de simples grafs : si elles s'inspirent de tableaux célèbres pour dessiner des scènes violentes, elles témoignent d'une grande maîtrise technique. Le mystère est résolu par la bande, lorsque la police découvre le cadavre lardé de coups de couteau d'Ivanka Jancovic, une jeune Croate travaillant comme serveuse dans un restaurant. Épluchant ses derniers appels téléphoniques, les enquêteurs tombent sur un autre Croate, Nikola Stankovic, en qui on reconnaît le mystérieux peintre. Mais chez lui, on découvre également des croquis représentant la scène du crime. Si le peintre admet ses rapports avec la jeune femme, il se mure dans le silence, se contentant pour toute défense de répéter "C'est pas moi." Et après avoir été interné dans un établissement de défense sociale chargé d'évaluer son état mental, de peindre, peindre encore, pour oublier, exorciser le mal qui le ronge depuis son enfance, lorsqu'il était encore Duso, au moment de la terrible guerre entre Serbes et Croates. Une histoire qui a commencé à Vukovar, lieu d'une terrible bataille. La solution est là, quelque part dans les œuvres du peintre, évidente à qui saura décrypter les indices...
Une histoire relativement simple pour ce roman de Paul Colize dont la résolution est également assez classique, même si la méthode pour y parvenir relève du pur roman d'enquête. Mais la vérité est ailleurs, dans l'itinéraire de ce peintre lunaire muré dans son silence et son traumatisme, lunaire et pourtant lucide, qui gardera tout son mystère. Les lecteurs des romans de Paul Colize savent qu'il ne faut pas s'attendre à un thriller industriel tonitruant ou à de l'hénaurme comme sa collègue en belgitude Nadine Monfils, plutôt une petite musique qui, si elle a un côté Georges Simenon de par sa description des "petites gens", n'appartient qu'à lui, et ici dans des évocations puissantes sur la peinture, voire l'art et ses vertus de transcendance. Peut-être est-ce pour ça qu'elle reste en mémoire lorsqu'on a oublié bien des romans purement fonctionnels. Une réussite qui dispose en plus d'une très jolie conclusion.

Citation

Cet avocat ne se battait pas pour son enrichissement ou sa gloriole personnelle. Il n'avait rien à gagner dans cette affaire. Il combattait pour la justice et la vérité. Il faisait partie de ces rares hommes capables de mettre en avant les intérêts d'autres personnes avant les leurs. Elle se dit qu'il devait être un mari attentif, un père formidable et un grand-père en or.

Rédacteur: Thomas Bauduret lundi 23 mars 2020
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