L'Aigle des tourbières

Tu es flic, tu travailles sur les faits, moi je regarde ailleurs, autrement. Et les mères violeuses ou assimilées, c'est l'angle mort des statistiques des violences faites aux enfants. C'est ce que les spécialistes qui ne se voilent pas la face nomment 'l'ultime tabou'.
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Roman - Policier

L'Aigle des tourbières

Politique - Vengeance - Attentat MAJ lundi 01 juillet 2019

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Gérard Coquet
Paris : Jigal, février 2019
280 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-37722-059-5
Coll. "Polar"

Des racines de l'Europe

Nous sommes en Albanie au début des années 1980. Une jeune femme est venue avec son fils pour interviewer le grand guide de la pensée qu'est le dictateur communiste local. Surveillée par un homme des services secrets qui est tombé amoureux d'elle, elle va enfin voir le grand guide suprême. Mais son amoureux lui annonce que c'est une plaisanterie et qu'elle va être entraînée dans une forteresse secrète où elle sera torturée. Alors, il l'aide à s'enfuir et à rejoindre son Irlande natale avec son fils Bobby. Des années ont passé. On découvre dans une tourbière le corps d'un avocat. Ciara McMurphy policière, libre et n'écoutant que son instinct n'a pas commencé son enquête qu'elle est convoquée par son chef qui lui annonce qu'elle va devoir collaborer avec Markus Noli, un policier albanais d'Interpol. Elle est un peu surprise car l'avocat mort était en lien avec Bobby devenu tueur pour l'IRA et par la suite engagé dans différents combats idéologiquement douteux, voire mafieux...
L'intrigue de Gérard Coquet se développe donc aux deux bouts de l'Europe. La première partie, plus courte, joue avec l'Albanie et les oppositions entre les règles ancestrales, sortes de lois basées sur la vengeance et la volonté communiste d'imposer un nouvel ordre. Derrière la bureaucratie nébuleuse aux consignes étranges, c'est le désarroi des illusions de la mère. Le fils, lui, n'en a plus et tue comme il respire, plus par goût de la violence et d'argent facile, que par volonté idéologique. Dans la deuxième partie, l'auteur nous fait suivre une policière atypique (par rapport à la réalité mais ô combien ! logique dans le monde du polar), une forte tête qui ne décide que de faire les choses à sa façon, entre des hommes taiseux, des Irlandais aux règles de vie aussi claniques et fortes que celles des Albanais. L'Aigle des tourbières, en mélangeant ces deux pays, s'inscrit sur une trajectoire assez classique, pour dévoiler un roman rythmé et prenant, entraînant le lecteur sans temps mort dans une atmosphère qui rend bien l'amertume des sociétés albanaises traditionnelles ou des tourbières irlandaises. Avec le goût âcre de la viande de chèvre et de celui d'une bière noire comme les âmes.

Citation

Ici, au pays des aigles, chaque invitation à se confronter à un des membres influents de l'organigramme hoxhiste revenait à jouer à la roulette russe ; tout n'était que non-dits ou messages à déchiffrer.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 01 juillet 2019
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