Salut à toi ô mon frère

Une blonde aux traits fins, genre poupée Barbie, élancée, la trentaine, vêtue d'un tailleur noir de grande marque. Barnier n'osait pas imaginer ce qu'elle portait dessous. Il avait toutefois une idée sur la question, ce n'était pas du collant et de la lingerie de premier prix.
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mercredi 17 octobre

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Roman - Noir

Salut à toi ô mon frère

Social - Braquage/Cambriolage - Disparition MAJ lundi 06 août 2018

Note accordée au livre: 5 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Marin Ledun
Paris : Gallimard, mai 2018
288 p. ; 21 x 14 cm
ISBN 978-2-07-277664-9
Coll. "Série noire"

Abracadabroum

Les amateurs qui ont quelques kilomètres au compteur se souviennent peut-être de cette chanson des Béruriers noirs : "Salut à toi". Cet hymne facile, répétitif, mais grandise égrénait en litanie une série de personnes à saluer justement. Cet hymne, Rose doit le connaître en petite punk gothique qui vit dans une famille étrange, où être dérangée est un signe de bonne santé. Chacun poursuit ses buts propres, mais la famille reste soudée par l'amour que chacun porte aux autres. Tandis que le père est un clerc de notaire bosseur et qui passe le concours pour être notaire à part entière, que la mère enchaîne les nuits à l'hôpital, les enfants s'essaient à vivre. L'un des plus jeunes a découché ce qui va inquiéter la famille lorsque la police débarquera pour l'arrêter, car il est censé avoir participé à un hold-up qui a mal tourné... C'est le moment que choisit Rose pour mener son enquête pour sauver son frère et se rapprocher du seul policier qui croit en son innocence car elle est tombée amoureuse de lui ! Tout dérape alors dans tous les sens comme dans une chanson des Béruriers : la mère décide de faire une grève de la faim, les coups sur la tête arrivent rapidement, Rose se fait une crise de calculs et se retrouve à l'hôpital avec un papi pervers, le frère innocent apparaît et disparaît dans les rues de la ville et semble avoir été kidnappé par les véritables bandits...
Comme dans une chanson le roman virevolte, part on l'a déjà dit mais on peut le répéter dans tous les sens. Rose ressemble à une version moderne rock'n roll de Zazie (celle de Raymond Queneau, pas la chanteuse). L'intrigue et les ressorts policiers sont surtout là pour relancer une histoire qui cahote et dérape dans l'anarchie et la joie la plus complète. Une ou deux remarques dans le texte évoquent l'idée que le frère accusé pourrait être une version contemporaine de ce que fut Benjamin Malaussène dans Au bonheur des ogres, le premier roman de Daniel Pennac et l'on retrouve la folie douce de ce premier volet, ici surdynamitée et qui multiplie les références, joue avec les conventions et les gens qui sont décalés - Rose a fait khâgne mais préfère lire à voix haute dans les salons de coiffure pour le plaisir des clients ; son frère fait une thèse sur Althusser, un philosophe marxiste qui a un jour étranglé sa femme... Mais si tout part en tous sens, tout retombe également sur ses pattes comme un chat malicieux et cela crée un joyeux bordel, présentant une famille atypique et borderline, avec humour, ce qui n'empêche pas Marin Ledun de glisser une pointe d'acide sur les réseaux sociaux, le racisme ou la complaisance des forces de police envers les puissants. Et ce n'est que logique que le grand rêve de Rose soit de voir son amoureux policier démissionner des forces de l'ordre, car qui peut voir des vertus dans l'ordre après ce roman ouvert à tous les vents et agréable ?

Citation

Je tombe amoureuse. Je ne suis plus que guimauve. Des cascades de confettis à l'effigie d'Alice Cooper se déversent du ciel. Les altos de Freddie Mercury psalmodiant Bohemian Rhapsody en fond sonore.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 06 août 2018
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