Merhaba

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lundi 24 septembre

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Roman - Policier

Merhaba

Politique - Social - Corruption MAJ mercredi 27 juin 2018

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 18 €

Julien Heylbroeck
Ermont : NaOH, décembre 2017
208 p. ; 24 x 16 cm
ISBN 979-10-96237-01-2

Moustiques et toques

Assistant social affilié aux demandeurs d'asile quelque part en France, Thomas Czajkowski tente de faire son boulot, de plus en plus dégoûté lorsque ses efforts semblent n'avoir guère de résultats. Mais il se retrouve face à une situation inattendue : un des Érythréens, venus d'un des régimes les plus durs au monde, dont il s'occupe a été retrouvé tabassé à mort. Et ses compagnons d'infortune sont portés disparus... Alors que la police tente de boucler l'affaire le plus vite possible, Thomas découvre que la victime était peut-être un "moustique", un espion du gouvernement érythréen infiltré chez les migrants. Lorsque les présumés coupables sont retrouvés morts, Thomas découvre des collusions entre la dictature et certains notables. Pendant que le nettoyage se poursuit, Thomas va se retrouver en première ligne...
L'un des problèmes de notre monde actuel, c'est que ceux qui ont des choses à dire n'écrivent pas forcément, comme le dit mon chat en un soupir de profonde lucidité. Julien Heylbroeck, dont on a suivi l'itinéraire littéraire à k-libre, étant lui-même travailleur social, on peut présumer qu'il sait de quoi il parle, développant une grisaille toute simenonienne autour de ce métier fait de victoires dérisoires et de défaites qui le sont tout autant. Le tout à travers une trame classique dans le bon sens du terme qui renverra dans les cordes tant les pétochards professionnels adorant se faire des frayeurs devant TF1 que les belles âmes partisanes de recevoir la misère du monde du moment qu'elle reste loin. On aurait peut-être aimé en savoir davantage sur la mentalité de ces hommes ayant survécu au pire, même si les intercalaires assez glaçants en donnent une bonne idée, et malheureusement, le tout souffre du défaut récurrent de l'auteur : une fin un peu expéditive. Reste que le roman atteint son but, à savoir montrer une réalité trop occultée (est-ce pour cela qu'il est paru chez un tout petit éditeur ouvertement militant ?) ; par son côté classique, son thème et son ton décontracté, il aurait fait une excellente aventure d'un certain Gabriel Lecouvreur, figure incontournable du polar hexagonal... Plus que jamais, les redresseurs de tort ont du pain sur la planche...

Citation

Thomas passe devant les robocops humanoïdes sans leur accorder un regard. Il a déjà assisté au vidage de deux squats ouverts deux ans auparavant. Il a pu constater la retenue de certains de ces types, efficaces, sobres et aussi compatissants que leur fonction le leur permettait. Il a également vu en action un paquet de petits roquets fascistes que rudoyer des familles de Noirs faisaient probablement bander. Et lui, qui était là, à faire le comptage, à destination des hôtels concernés, de ceux qui étaient assez chanceux pour gagner un hébergement très provisoire.

Rédacteur: Thomas Bauduret mercredi 27 juin 2018
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