L'Œuf de la haine et de la vengeance

Je m'appelle Mary Katherine Blackwood. J'ai dix-huit ans, et je vis avec ma sœur Constance. J'ai souvent pensé qu'avec un peu de chance, j'aurais pu naître loup-garou, l'index est aussi long que le majeur, mais j'ai dû me contenter de ce que j'avais.
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Contenu

Roman - Policier

L'Œuf de la haine et de la vengeance

Politique - Vengeance - Terrorisme MAJ lundi 14 mai 2018

Note accordée au livre: 3 sur 5

Poche
Inédit

Tout public

Prix: 12 €

Pierre Olhagaray
Pau : Cairn, mars 2018
448 p. ; 18 x 12 cm
ISBN 978-2-35068-617-2
Coll. "Du noir au Sud"

Etorki et meurtres sanglants

Depuis de nombreuses années, nous nous sommes habitués aux tueurs en série et, même si certains les ont fait émigrer, la plupart des auteurs aiment encore les situer dans les contrées sauvages des États-Unis. Aussi, est-il intéressant d'en découvrir un nouveau qui a décidé de s'installer sur les terres plus inhabituelles du Pays basque sous le clavier de Pierre Olhagaray dont c'est le premier roman. Mais ce sera un tueur en série particulier puisque, très rapidement (grâce notamment à des chapitres alternés où l'on va remonter aux origines de l'histoire), le lecteur découvrira que ce tueur en série n'en est pas vraiment un. Comme l'indique le titre, les crimes particulièrement horribles puisque les victimes sont émasculées et laissées agonisantes dans des endroits désertés ne sont pas l'œuvre d'un fou psychopathe, mais sont bel et bien liés à une vengeance, qui comme chacun le sait est avant tout un plat qui se mange froid, et qui trouve donc son origine dans un passé assez lointain, dans le vert paradis des enfances. Passé qui a fait souffrir, temps anciens qui ne passent pas, c'est aussi le lot Xavier Andurandéguy, commissaire de Bayonne, chargé de l'enquête car son père a été tué dans l'explosion d'une cache de l'ETA des années plus tôt. Il semble bien qu'il était d'ailleurs le gardien de cette cache...
L'enquête est classique, mais surtout complexe parce que les principales futures victimes du tueur ont bien compris les motivations du tueur, mais refusent de parler à la police. Chaque victime se révèle en effet porteuse d'un message qui rappelle le crime initial. Les "victimes" actuelles sont donc les bourreaux du passé. Les personnages sont eux aussi dessinés eux aussi de manière classique. On retrouve un policier bourru qui ne veut pas de promotion pour rester dans la région qu'il aime et s'occuper de sa mère, sa frangine qui cherche l'âme sœur, une juge bien jolie et qui fait tourner les cœurs, un ancien terroriste de l'ETA qui vit dans la montagne et sait beaucoup de choses, y compris sur le père du policier, les victimes elles-mêmes, entre peur et silence. C'est donc le décor qui mérite le détour. En effet, Pierre Olhagaray parvient joliment à rendre vivante la région qu'il décrit, les terres reculées du Pays basque comme la côté, la vie et le quotidien, les lieux, le poids de la religion catholique - celle-ci vue à travers un prêtre qui allie modernité et respect des traditions. C'est cette connaissance et cette description vivante des arrières-plans qui fait de L'Œuf de la haine et de la vengeance un premier roman extrêmement convaincant.

Citation

Je paye mon passé, je suis mort et enterré ici au bout de cette vallée, enfermé dans ma famille qui ne m'aime pas mais je me supporte. Je vis en attendant la mort.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 14 mai 2018
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