Dans l'ombre du viaduc

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Roman - Noir

Dans l'ombre du viaduc

Politique - Social - Guerre MAJ vendredi 16 février 2018

Note accordée au livre: 3 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 19 €

Alain Delmas
Paris : Intervalles, mai 2017
288 p. ; 19 x 13 cm
ISBN 978-2-36956-055-5

À la Puerta de la Verdad

Été 1957, Arnaud Madrier, ingénieur français, se rend à Valence pour assister des collègues espagnols à la construction d'un barrage. Sur place, il est accueilli par Paco Hernández. Les deux hommes sympathisent et l'autochtone invite le Français à venir passer quelques jours dans sa famille pour assister à la feria. La ville d'où est originaire Paco s'appelle Teruel. Teruel. Curieusement, ce n'est pas un nom inconnu pour Arnaud (ni par les connaisseurs d'André Malraux qui a réalisé en 1938-1939 Espoir, sierra de Teruel d'après son roman L'Espoir dont l'intrigue se situe en Espagne pendant la guerre civile). Vingt ans plus tôt, en 1938, au moment de la guerre d'Espagne, son père, venu aider les républicains, y a disparu. Si le jeune homme est chaudement reçu par les frères et sœurs de Paco, l'accueil du père est beaucoup plus glacial, c'est le moins que l'on puisse dire. Quand Paco demande des explications à son père, celui-ci lui répond carrément qu'il a déjà connu un Madrier et que l'homme en question était un traître... La feria peut commencer.
Bien que l'action se passe dans les années 1950 et que la guerre civile espagnole y soit évoquée, Dans l'ombre du viaduc n'est absolument pas un roman historique. L'Histoire y tient même un rôle mineur finalement. Non, c'est un vrai roman policier avec une enquête sur le passé. Un passé qui n'est pas mort, juste endormi, et qu'il n'est pas bon de réveiller quand on se trouve loin de chez soi, dans un village où la majorité des habitants n'a pas du tout envie de le voir se réveiller. Alain Delmas, dont c'est le premier roman, maîtrise parfaitement deux choses. La première, il sait distiller les informations qui font avancer l'intrigue mais qui surtout empêchent le lecteur de dételer. La seconde, il excelle à nous dépeindre cette Espagne rendue muette, méfiante, blessée et agressive par le franquisme, cette Espagne qui évolue sous un soleil de plomb et qui, jusque dans ses "distractions", recherche la violence. Les descriptions du village et de la corrida sont très fortes, très imprégnantes. Mention spéciale également au personnage d'Inès. Car Dans l'ombre du viaduc n'est pas un roman privé de présence féminine. Bien au contraire...

Citation

Sans un instant d'hésitation, il accéléra sa course dans un galop puissant, martelant le sol de ses sabots, traversa la piste d'un trait et, tel un cheval de course franchissant une haie, bondit, tendu, magnifique, par-dessus la barrera ! Des planches éclatèrent dans un claquement de bois sec. Son poitrail vint s'écraser sur les barres métalliques qui protégeaient les spectateurs, stoppant net sa course.

Rédacteur: François Legay vendredi 16 février 2018
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