Les Tigres ne crachent pas le morceau

Il y a des choses qu'on ne peut pas tuer avec un fusil, parce que ces choses-là sont déjà mortes.
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Roman - Policier

Les Tigres ne crachent pas le morceau

Assassinat - Trafic - Artistique MAJ vendredi 05 janvier 2018

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 14 €

Michel Maisonneuve
Orléans : Pavillon noir, mars 2017
218 p. ; 20 x 12 cm
ISBN 978-2-36799-006-4

Tout le monde en piste

Vous vous souvenez de ce film où un excité veut en éparpiller un autre "façon puzzle" ? Eh bien dans le dernier roman de Michel Maisonneuve, Les Tigres ne crachent pas le morceau, il y a comme qui dirait une variante du genre. En effet, le dompteur Hildeberg se retrouve un beau matin à servir de breakfast à ses félins. Et comme ils sont trois et qu'il ne faut vexer personne, il a également trouvé une variante à l'expression se couper en quatre (comme quoi, quand on dit que tout augmente, c'est pas forcément vrai...). Bref, trois gros matous, trois gros morceaux et le médecin légiste n'a plus qu'à s'arracher les tifs ! Et il n'est pas le seul à se faire du mouron. Il y a Raoul aussi, le directeur du cirque Pantaleoni. Oui, parce que l'intrigue se situe dans un cirque. Un cirque avec de drôle de zigotos. À commencer par la victime. Hildeberg n'était pas un tendre (et tant pis pour les ratiches des tigres). Il se servait du cirque pour trafiquer. Quoi ? Pas de la sciure pour ses chats en tout cas. Qui a bien pu le repasser ? Pas le colonel Moutarde mais peut-être bien le clown, la contortionniste ou l'écuyère. Allez savoir, il y a toute une galerie de personnages tous plus curieux et soupçonnables les uns que les autres dans ce barnum. Plus un petit nouveau qui débarque. Dachi El Ahmed qu'il s'appelle. D'après Raoul, c'est un charmeur de serpents. C'est surtout un pote venu éclaircir le mystère à sa demande. Et en fait de serpent, c'est dans un panier de crabes qu'il va mettre la main...
Sur la quatrième de couverture, il est dit que Michel Maisonneuve se définit lui-même comme un raconteur d'histoires. C'est certain qu'il y a une réelle jubilation à faire défiler devant nous quelque chose qui s'apparente presque au conte. Maisonneuve est un conteur. Il nous emporte dans un univers inattendu, drôle, fou, loufoque, policier, dont on se demande parfois s'il le maîtrise ou s'il en est la première victime. Il y a un vrai plaisir des mots, des répliques, des situations, et à nous présenter des personnages. Rien n'est évident, rien n'est classique, mais il n'est pas question non plus de baroque. Non, il s'agit d'un autre monde, où tout paraît possible sauf l'impossible, et dans lequel on navigue un peu comme quand enfant on osait prendre place sur les banquettes du Train Fantôme. On sait que tout ce qu'on l'on voit n'existe pas vraiment. En même temps c'est là devant nous. On s'excite de nos propres émotions, on tremble à l'avance de ce qui ne nous fera pas si peur que ça, mais au final on trouve le voyage trop court et on ne pense qu'à s'en payer un second tour. Bref, on est en présence d'un magicien qui ouvre pour nous une porte sur autre chose, d'un bâtisseur du divertissement, d'un guérisseur d'ennui, d'un compagnon de voyage, d'un amoureux du verbe, autrement dit : d'un véritable auteur !

Citation

Il s'arrêta, scrutant le ciel noir, embrumé, sans étoiles, et souhaita le retour du mistral. Il avait envie de voyage. Envie de revoir les steppes de Mongolie qu'il avait traversées naguère. Écouter le vent qui rase l'herbe, le chant continu des plaines sèches, le son monotone de la flûte, le galop d'un cheval filant vers l'horizon. Il marchait dans son rêve avec, dans la bouche, le goût du thé amer. Avec l'espoir que le monde n'était pas cette oasis d'horreur dans un désert d'ennui que chantait Baudelaire, mais autre chose de plus vaste, de plus mystérieux, beau comme le cœur des hommes de sagesse.

Rédacteur: François Legay vendredi 05 janvier 2018
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