La Soif

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dimanche 23 septembre

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Roman - Noir

La Soif

Corruption - Gang - Trafic MAJ lundi 11 décembre 2017

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 16,9 €

Pierre-François Moreau
Paris : La Manufacture de livres, mai 2017
200 p. ; 20 x 14 cm
ISBN 978-2-35887-234-8

Un dernier pour la route

La soif peut toujours être prise au sens premier ou dans un sens plus métaphorique. Le premier sens pourrait être compréhensible dès le début du roman de Pierre-François Moreau puisque son décor se situe dans l'Espagne aride, dans une zone désertique, battue par les vents et la chaleur, parsemée d'entrepots vides où croupissent les derniers éléments des trafics possibles. Au milieu de ce désert, presque américain, une boutique isolée et l'arrivée d'un étranger qui recherche les traces d'une escroquerie à la contrefaçon. Justement, pour se servir du titre, il s'agit de contrefaçon de bouteille d'eau minérale... Mais la soif, c'est aussi l'image des désirs, et ils foisonnent dans ce texte. Entre les trafiquants qui rêvent de richesse et passent des accords improbables pour faire chuter une autre famille, qui poussent leurs filles dans les bras d'autres chefs des cartels ; entre les petits truands qui veulent la richesse facile y compris en dénonçant ou en liquidant les concurrents potentiels ou les collègues aux dents aussi longues qu'eux. Il y a aussi ceux qui rêvent juste d'un peu d'amour (ou de sexe, à supposer que ce soit différent), parfois d'amours impossibles quand les femmes sont promises à d'autres. Il y a les assoiffés de pouvoir comme ces policiers et hommes politiques aux talents aiguisés pour la corruption, prêts à toute alliance pour gagner une once de puissance.
Écrasés par la chaleur, par la fatalité en même temps, toutes ces marionnettes s'agitent autour de lieux vides, d'entrepots presque vides ou qui contiennent des bouteilles d'eau frelatée, de maisons et de palais qui masquent mal la turpitude des occupants, de prisons où la haine tourne en cage. Le récit rend compte stylistiquement de cette histoire en rebondissant d'un personnage à l'autre, en décalant sans cesse son histoire, en rendant l'atmosphère et fiévreuse de ces orages annoncés qui n'arrivent jamais. La Soif est le rendu de cette atmosphère, une ambiance proche de celles que l'on lit (et vante) dans les polars du sud des États-Unis. Pierre-François Moreau est un auteur qu'il va falloir suivre...

Citation

On va voir ça tranquillement au poste, dit le chauffeur qui enclencha aussitôt la sirène sans autre raison apparente que de couvrir la voix de l'enquêteur qui désespérément invoquait une méprise.

Rédacteur: Laurent Greusard lundi 11 décembre 2017
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