Bâtard

Derrière le masque et les bonnes manières, il faut débusquer les travestis, les faux-semblants, les subterfuges, les pieds de nez à l'évidence ; comment s'y retrouver ? On y perd son latin. Sa tante Odette disait toujours : 'Le voleur rentre par la fenêtre, l'escroc frappe à la porte !' Et il lui donnait bien raison !
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mercredi 21 novembre

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Bande dessinée - Thriller

Bâtard

Braquage/Cambriolage - Road Movie MAJ lundi 16 octobre 2017

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Public averti

Prix: 13 €

Max de Radiguès (scénario & dessin)
Paris : Casterman, juin 2017
192 p. ; illustrations en noir & blanc ; 19 x 15 cm
ISBN 978-2-203-14141-4

Tracer sa route

Voici une bande dessinée plutôt originale en noir et blanc, presque au format carré, pour une trajectoire qui assurément ne l'est pas ! May (ou April, voire peut-être plus tard June ?) est au volant d'une voiture. Sur le siège passager, à la place du mort, Eugene, son jeune enfant. On imagine d'emblée que c'est un bâtard, puisque Bâtard est le titre de cette bande dessinée de Max de Radiguès. Les deux viennent de participer à un braquage de grande envergure, et sont sur les routes pour atteindre leur point de ralliement. Sous la direction d'un certain Duane, une bande très organisée de malfaiteurs a commis cinquante-deux hold-up simultanés, laissant la police dans une expectative désorientée. Seulement, il y a un os, et de taille : quatorze membres de l'équipée ont été retrouvés morts. Alors May et Eugene tracent leur route. Et à mesure qu'ils avancent et qu'ils croisent des individus honnêtes ou pas, entiers ou pas, on découvre l'histoire de ces deux braqueurs atypiques comme seule peut en produire l'Amérique. À travers près de deux cents pages, Max de Radiguès nous emporte dans un road movie à la fois sanglant et social. L'air de rien, avec des dessins très accrocheurs dans la lignée de ce que peuvent produire des dessinateurs de comics, il brasse des thèmes sociétaux basés sur l'abandon, la fuite, la solitude et l'errance. Bâtard commence comme un film de Don Siegel. Mais là où le réalisateur propose un héros mâle en fuite, Max de Radiguès impose une jeune femme, version féminine de Parker, le personnage froid et implacable de Richard Stark, qui veut offrir à son enfant, Eugene, véritable faille chez elle, un avenir meilleur. Eugene n'est absolument pas en reste, puisqu'il semble être le seul à pouvoir pallier les manques de sa mère. Mais comme dans tout bon road movie américain, la vie est pleine de surprises et de rencontres. De certaines, découlera une non moins certaine idée d'un retour à la normalité et à la rédemption. C'est joliment dessiné à l'épure, et ça se dévore en apnée, non pas comme un burger, mais comme un dime novel, un de ces récits de braquages solidement étayé et qui va droit au but.

Illustration intérieure


Citation

Pfff... Tu comprends déjà rien aux femmes, alors au grand banditisme...

Rédacteur: Julien Védrenne lundi 16 octobre 2017
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