Tels des loups affamés

Cette année, la tourmente est venue quelques jours avant la fête des Morts. Pas moyen d'échapper au glas de la Toussaint. D'abord le râle du vent dans les frênes déplumés. Puis le silence.
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dimanche 22 juillet

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Roman - Policier

Tels des loups affamés

Vengeance - Gang - Urbain MAJ mardi 19 septembre 2017

Note accordée au livre: 4 sur 5

Grand format
Inédit

Tout public

Prix: 22,5 €

Ian Rankin
Even Dogs In the Wild - 2015
Traduit de l'anglais (Écosse) par Freddy Michalski
Paris : Le Masque, septembre 2016
444 p. ; 23 x 15 cm
ISBN 978-2-7024-4631-7
Coll. "Grands formats"

Pas de retraite pour les braves

En notre rentrée sociale, politique, l'on va sûrement évoquer, comme un serpent de mer, la nécessaire réforme des retraites. John Rebus, lui, de son côté, vient enfin d'y accèder. Fini les enquêtes, les coups de fusil et les plans tordus. C'est ce qu'il croit. Surtout il s'ennuie. Aussi, lorsque son ancienne collègue, l'inspectrice Siobhan Clarke, l'appelle pour un coup de main, il est heureux de rempiler. Le juge Lord Minton a été retrouvé assassiné, dans ce qui ressemble à un cambriolage qui aurait mal tourné. Mais John Rebus a des doutes et il commence à fouiller. En ce qui concerne la retraite, c'est une possibilité pour les fonctionnaires ou les ouvriers, mais pour les professions libérales ? Pire encore, comment calculer sa retraite lorsqu'on est un gangster et qu'on n'a que peu cotisé. C'est peut-être ce que pense Big Ger Rafferty, un caïd local qui aimerait bien se ranger des voitures mais qui veut en même temps maintenir son rang. Qui plus est, Stark, un truand de la ville voisine, vient pour régler ses comptes et la guerre des gangs qui s'annonce pourrait fragiliser le délicat équilibre qui profite justement à Rafferty. Aussi, lorsque le bandit essuie un coup de feu, il appelle John Rebus. Certes l'ancien policier a toujours essayé de le mettre à l'ombre, mais il sait que c'est un homme honnête et qu'il l'aidera... Les choses se compliquent cependant quand John Rebus parvient à faire un lien dans un lointain passé entre le truand et le juge, ainsi que d'autres cadavres qui commencent à encombrer les tiroirs de la morgue. Et lorsque le fils de Stark est abattu à son tour, tout le monde commence à se regarder en chien de faïence.
On retrouve toujours avec plaisir ce bon vieux John Rebus et ses acolytes, Siobhan Clarke l'inspectrice tenace et Malcom Fox le policier si intègre qu'on se demande comment il peut encore être vivant. Par delà l'intrigue de facture classique et qui va chercher dans le passé ses racines (avec une histoire et une résolution qui rappelleront peut-être à certains l'un des meilleurs épisodes de la série consacrée au jeune Morse) le roman est un récit sur les filiations : sans appuyer, mais avec délicatesse, Ian Rankin parle des parents et des enfants, de la transmission, de la mort qui vient rompre les liens, de la maladie qui obscurcit le jugement et les sentiments, de notre besoin de nous raccrocher à notre famille (ou au contraire tout ce qu'il faut faire pour s'en débarrasser). Ce n'est sans doute pas un hasard si une partie de la solution tourne autour d'un orphelinat qui a fermé. Servi par des descriptions de la ville, des relations entre les gens, s'appuyant sur des fragments musicaux qui parsèment l'histoire, par l'art consommé de Ian Rankin pour monter une intrigue (sans se reposer sur des lauriers, avec ici, des sous-intrigues s'emboîtant harmonieusement au sein de l'histoire principale), Tels des loups affamés continue avec bonheur et renouvellement une saga forte et prenante.

Citation

Il s'était fait une liste à la table de cuisine : s'inscrire à la bibliothèque, explorer la ville, partir en vacances, voir des films, commencer à aller aux concerts. Un rond de café avait marqué sa liste et il ne faudrait plus bien longtemps avant qu'il ne la roule en boule, direction la poubelle.

Rédacteur: Laurent Greusard mardi 19 septembre 2017
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